"Sans loi climat, on risque de louper la sortie du pétrole comme avec le charbon"

VideoIl ne suffit pas d'appliquer les accords de Paris dans une version minimale, ont martelé mercredi en commission spéciale 'Climat et Développement durable' de la Chambre le président de la Coalition Climat Nicolas Van Nuffel et le climatologue Jean-Pascal Van Ypersele. Pour Jos Delbeke, du Centre européen de stratégie politique et ancien directeur en charge de l'action climatique à la Commission européenne, "nos entreprises nous suivent dans cette histoire mais le politique reste à la traîne".

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Jean-Pascal van Ypersele © belga

D'après Nicolas Van Nuffel, la loi spéciale sur le climat, qui est actuellement discutée à la Chambre, est nécessaire car elle définit des objectifs clairs sur lesquels on ne peut pas revenir et la politique en la matière peut de la sorte être mieux gérée. Y aboutir une question de "volonté politique", avait-il confié mercredi matin en radio sur Bel-RTL.

"On ne convaincra pas tous les partis mais je pense qu'il existe une possibilité de faire comprendre aux partis flamands qui sont au gouvernement - le CD&V et l'Open Vld pour ne pas les citer- qu'il y a là une opportunité économique", avait-il ajouté.

Sans cette loi spéciale, "ce qu'on risque, c'est de rater la sortie du pétrole comme on a raté celle du charbon en Wallonie il y a une cinquantaine d'années", avait encore mis en garde le président de la Coalition Climat.

Mais cette loi seule ne suffit pas, a-t-il insisté devant la commission de la Chambre. Il plaide ainsi pour que le gouvernement demande à l'administration et au Bureau du Plan de retravailler le plan national énergie et climat dans une logique de réduction de 55% des émissions d'ici 2050, au lieu de 35% comme prévu actuellement. Ce texte ne sera de toutes façons plus approuvé sous cette législature, appuie-t-il.

Ce plan n'en est d'ailleurs pas vraiment un, estime pour sa part Jos Delbeke, du Centre européen de stratégie politique. "Chaque Région a élaboré son propre plan, même deux en Flandre, avec un pour le climat et un autre énergétique. L'Europe a demandé un plan par État membre", souligne l'ancien directeur général en charge de l'action climatique à la Commission européenne.

A ses yeux, l'Europe est sur la voie de la réduction des émissions. Mais les efforts "ne sont pas du tout suffisants pour atteindre les objectifs à l'horizon 2030 et absolument pas pour ceux à l'horizon 2050". Cela alors qu'il préconisait de resserrer encore ces objectifs.

Un message qu'a partagé Jean-Pascal Van Ypersele. Les engagements nationaux sont insuffisants pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, a rappelé le climatologue. Il a également souligné que plusieurs avis réclament, depuis des décennies, une meilleure coopération entre les différentes autorités.

"Nous sommes la première génération confrontée aux conséquences du réchauffement climatique et nous sommes également la dernière génération à pouvoir réagir, " a averti Nicolas Van Nuffel.