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Aéroport de Charles De Gaulle, à Paris. © Getty Images

“Voyager en Europe en train ou en avion ne fait aucune différence pour le climat”, un avis contesté

L’économiste des transports Stef Proost de l’université de Leuven s’est penché sur la question des transports en Europe avec des spécialistes de l’énergie, un géologue, un biologiste et un philosophe. Le groupe de réflexion Metaforum cherche des mesures pour lutter contre le réchauffement climatique et, d’après lui, décourager les vols court-courriers n’en fait pas partie. 

“Que vous preniez l’avion ou le train en Europe n’a aucune importance”, annonce Stef Proost. “Tout est lié à l’ETS, le système européen d’échange de quotas d’émission. Ce qu’un secteur économise en émissions, un autre secteur peut l’acheter et l’émettre. Les trains font partie de ce système avec le secteur de l’aviation et les grandes industries”.

Un plafond d’émissions

“L’aviation, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’électricité et de l’industrie sont dans le même panier. Chacun obtient un certain nombre de droits d’émission. La plupart des compagnies aériennes doivent acheter des quotas supplémentaires. Le résultat est qu’en fin de compte, tous les vols en Europe devront payer pour les dommages causés au climat”, poursuit l’économiste. 

L’innovation technologique

Le groupe de réflexion met l’accent sur le prix du CO2, et sur l’innovation technologique. “Une politique concrète est nécessaire. Les innovations n’arrivent que lorsque les secteurs sont soumis à des pressions”, soutient Stef Proost. 

“Une déclaration regrettable”

Laurien Spruyt, experte en mobilité et climat au Bond Beter Leefmilieu (BBL), estime que cet économiste va trop loin. “Cette déclaration est regrettable car un avion pollue plus. Le train est une bonne alternative pour les courts trajets en Europe. L’impact climatique total d’un voyage en train vers, par exemple, Vienne, Barcelone ou Copenhague est jusqu’à dix fois plus faible que celui d’un voyage en avion. La politique actuelle de l’ETS européen pour les marchés du carbone ne répond pas aux objectifs climatiques de Paris et doit donc être renforcée”. Il existe également d’autres critères à prendre en compte, ajoute l’experte en mobilité et climat. Elle songe aux particules de suie émises par les avions, dont l’effet sera deux à trois fois plus néfaste que celui du CO2. 

“Le train reste la meilleure alternative”

D’après Laurien Spruyt, les développements techniques dans le domaine de l’aviation ne permettront pas de réduire les émissions à zéro d’ici 2050. Les émissions de l’aviation en Europe ont même augmenté de 4,9% au cours de l’année écoulée. “Les défis climatiques sont si énormes que nous devons éliminer les polluants pour lesquels il existe une alternative neutre sur le plan climatique”, dit-elle. “Dans le cas de courtes distances internationales, la solution climatique est clairement le train à grande vitesse”.