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2017-11-08 21:30:11 epa06316582 A close-up image showing the Tinder app on an iPhone in Kaarst, Germany, 08 November 2017. EPA/SASCHA STEINBACH ILLUSTRATION © EPA

1.600 Belges piégés par de faux amis: “Ils volent votre cœur puis votre argent”

L’affaire de quelques naïfs? Le phénomène des fraudes en ligne semble toucher bien plus de Belges qu'imaginé, mais ces derniers taisent souvent avoir été victimes d’une épouvantable supercherie. Selon les informations d’Het Laatste Nieuws, quelque 1.600 Belges auraient été arnaqués par de soi-disant amis au cours des quatre dernières années. On parle de 13,6 millions d’euros ainsi extorqués par des escrocs rencontrés sur les réseaux sociaux et des sites de rencontres.

Rien que sur les neuf premiers mois de 2019, l’Inspection économique a reçu 595 dossiers de victimes d’“arnaques à l’amitié”. Dans 237 de ces cas seulement, le montant de l’arnaque est précisé car les personnes flouées ne souhaitent pas s’étendre sur le sujet. Au total, quelque 4,6 millions d’euros au moins ont été soutirés, ce qui fait en moyenne 16.000 euros par victime. La plupart des personnes piégées ont été approchées par internet, le plus souvent via Facebook (28,3% des cas) ou Tinder (31,9% des fraudes). Ensuite, viennent les e-mails (14,6% des cas signalés) et les messageries (6,5%). “Ils se sont fait séduire puis tromper”, explique Mary Ann Bongers de l’ASBL Neniu, qui soutient les victimes. “D’abord, ils volent votre cœur, puis votre argent. En général, le modus operandi est le même. Ils essaient de gagner votre confiance, comprennent vos émotions et retournent votre esprit. Ils finissent par demander de l’argent, mais pas de but en blanc: pour venir vous rendre visite en Belgique, ou pour aller voir un membre de la famille trop souffrant, pour débloquer un héritage ou envoyer les enfants à l’école ou chez le médecin”. Cela commence souvent par de petits montants insignifiants et puis les sommes deviennent astronomiques. 

C’est le cas de cette dame qui, au fil des discussions, a perdu tout sens critique. Un travail de pro. “J’ai rencontré James sur Tinder. Un Danois qui vivait en Belgique. Il était soi-disant propriétaire et capitaine d'un vaisseau cargo en route pour la haute mer. Durant deux semaines, on n’a pas arrêté de chatter. Un jour, il m’a dit avoir un problème de moteur et a demandé mon aide. Au total, j’ai payé 23.569,81 euros pour le sortir de l’embarras. Cet argent, je ne le reverrai jamais et en tant que femme, j’ai également perdu mes illusions”, déplore la victime anonyme qui a réalisé après-coup l’absurdité du traquenard.

“Les gens sont prêts à tout par amour, les escrocs le savent”

Si l’histoire paraît trop énorme pour être vraie, il faut bien comprendre que les fraudeurs sont maîtres dans l’art de la manipulation et que la question de l’argent est amenée de manière détournée, perverse. C’est pour cela que tant de gens se font piéger. Nathalie Muylle, ministre de l'Économie et des consommateurs, révèle que depuis 2016, ce sont pas moins de 1.595 cas semblables qui ont été rapportés à l’Inspection. Pour un montant total de 13,6 millions d’euors extorqués. 

Mais ces chiffres déjà conséquents ne sont que la partie émergée de l’iceberg. “La plupart des victimes sont bien trop honteuses pour en parler, ne fut-ce qu’à la famille ou un ami, et souvent même trop gênées pour déposer plainte à la police. Elles se trouvent ridicules d’avoir été manipulées. Mais cela peut arriver à absolument tout le monde et c’est même le cas de juges, de politiciens ou de chefs d’entreprises. Les gens sont prêts à tout pour l’amour et malheureusement, les escrocs le savent pertinemment. Espérons que le sujet ne sera bientôt plus un tabou. Ce n’est que lorsque le grand public aura pleinement conscience de cette forme très répandue d’arnaque que davantage de gens seront sur leurs gardes. Certainement avant de se décider à verser de l’argent à quelqu’un qu'ils pensent connaître mais qu’ils n’ont en réalité jamais vu de toute leur vie”, explique Mary Ann Bongers. Le message est donc: si cela paraît trop gros pour être vrai, c’est sûrement le cas. 

Comment se prémunir?

- vérifier le profil de la personne qui vous parle. Depuis quand l’internaute est-il l inscrit sur le réseau social, combien a-t-il d’amis (moins de 200, c’est louche), ces amis ont-ils un profil très neutre ou partagent-ils de vrais moment en famille, entre amis? Comparez le profil aux réponses aux questions que vous posez: travail, lieu de résidence, école, etc. Si la personne vous vous fait croire qu’elle dispose d'une entreprise, d'un job à responsabilités, vous la retrouverez également rapidement sur LinkedIn, par exemple, ou sur le site web que la société a forcément. 

- méfiez-vous si une personne vous contacte de l’étranger: les arnaques se font souvent depuis un pays tiers

- gardez la tête froide face aux histoires tristes et expériences douloureuses que l'on vous raconte. C’est toujours de cette manière que les escrocs attendrissent les victimes potentielles. 

- ne partagez jamais vos données d’identité avec une personne en ligne, en aucun cas cela ne se justifie. Il en va évidemment de même avec vos coordonnées bancaires

- retenez qu'une personne bien intentionnée et honnête ne demanderait jamais d’argent à une personne rencontrée en ligne: ne versez tout simplement jamais d’argent à des gens que vous ne connaissez pas dans la vraie vie.

Si vous êtes victimes

- coupez tout contact dès les premiers doutes, bloquez la personne et ne cédez pas au chantage affectif ou aux menaces (divulgation de photos privées, par exemple)

- notez toutes les informations sur la personne qui vous a piégée, cela permettra de l’identifier: alias sur un site de rencontres, adresse mail, téléphone, etc.

- déposez plainte à la police locale immédiatement, sans attendre si vous avez divulgué la moindre information sensible: données d’identité, bancaires, passeport, adresse. Vous pourriez être victime d’usurpation d’identité ultérieurement.

- alertez CardStop au 070 344 344

Dans tous les cas, n’ayez pas honte, vous êtes simplement victime, pas auteur.

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