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34 nouvelles centrales nécessaires pour éviter les black-out

Le think tank Itinera estime, dans une nouvelle étude publiée jeudi, que la Belgique se dirige vers un risque permanent de pénurie en matière d'électricité. Il recommande de construire 26 centrales à gaz (de 300 MW) et 8 centrales à biomasse (de 300 MW également), pour un coût d'investissement de 11 à 13 milliards d'euros, afin de garantir une marge de réserve de 5%. L'auteur de l'étude, Johan Albrecht, senior fellow chez Itinera et qui enseigne notamment à l'Université de Gand, reconnaît toutefois que le climat économique actuel, la baisse de la demande d'électricité et la politique climatique européenne n'encouragent pas de tels investissements.

"En Belgique, à défaut d'investissements dans une nouvelle capacité de production contrôlable comme des centrales à gaz ou à biomasse, la marge de réserve pour la période de 2015 à 2019 oscillera entre -10 et -30%. Après 2020, la marge de réserve baissera jusqu'à -40% d'ici 2024", relève Itinera. Les risques de pénurie ne concernent pas que cet hiver, la sortie du nucléaire entraînant la perte de 5.900 MW de capacité de production d'ici 2025, sans oublier que de vieilles centrales à gaz, à biomasse et de cogénération seront elles aussi fermées au cours de cette période, souligne le think tank.

"La pénurie va augmenter au cours des années à venir dans certains pays (dont la Belgique), mais il y a d'autres facteurs qui menacent d'accentuer la grande insécurité pour les investisseurs", met en garde Johan Albrecht. "Il existe à l'heure actuelle bien assez de raisons pour ne provisoirement pas investir et pour prolonger le plus possible la durée de vie des vieilles centrales. Ces centrales avec un coût marginal faible hypothèquent les investissements dans de nouvelles centrales", ajoute-t-il.

Itinera recommande aux pouvoirs publics de susciter les investissements privés via un système de redevances de capacité, soit un subside par kW de puissance installée. "Il n'existe cependant aucune garantie qu'une telle redevance de capacité (..) soit suffisante pour susciter les investissements nécessaires. Nous pouvons plutôt nous attendre à ce que les investisseurs exigent une prime de risque élevée pour tout nouvel investissement", conclut Johan Albrecht.