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Guy Verhofstadt. © epa

Budget de l'UE: les réactions des eurodéputés belges

Les eurodéputés belges ont réagi en sens divers mercredi à la proposition de la Commission européenne pour le futur budget de l'UE (2021-2027), y voyant tantôt une nouvelle dynamique appréciable, tantôt un manque d'ambition caractérisé.

"La Commission européenne ébauche une nouvelle dynamique", a reconnu le président du groupe Verts-ALE Philippe Lamberts. Il salue notamment la flexibilité accrue du budget permettant de réagir plus vite aux crises ou encore la réorientation des dépenses et des investissements en faveur de l'innovation et de la protection du climat.

Limiter à 58% la contribution des États (au lieu des 70% actuels, NDLR) "réduira leur capacité de se livrer aux chantages habituels au sein du Conseil", ajoute-t-il. M. Lamberts applaudit également l'instauration de trois ressources propres (taxe sur le plastique, recettes sur l'assiette commune sur l'impôt des sociétés, recettes sur le système d'échange de quotas d'émissions CO2).

Manque d'ambition
Pour Marc Tarabella (PS), la proposition de la Commission "manque cruellement d'ambition" en fixant un objectif de 1,1% du Revenu national brut de l'UE. Les milliards de réduction des politiques de cohésion ou encore la diminution drastique du budget de la politique agricole commune ne rencontrent pas les préoccupations des travailleurs, des agriculteurs, ou des personnes fragilisées.

Les socialistes déplorent aussi l'absence de taxation des géants du web, ou que la commission réponde à la migration par des budgets alloués au renforcement de la protection des frontières, "au lieu d'une politique d'accueil humaine". Enfin, la diminution importante (-7%, NDLR) du budget affecté aux Fonds structurels nécessitera de veiller lors des négociations à ce que les régions en transition (en Belgique, les provinces de Hainaut, Luxembourg, Liège et Namur, NDLR) bénéficient des moyens suffisants pour continuer leur redéploiement socio-économique.

Rupture avec le passé
Guy Verhofstadt (Open Vld) voit dans la proposition de la Commission une "rupture avec le passé", après deux décennies de budget à la baisse. Il apprécie aussi "des coupes sérieuses là où c'est nécessaire" ainsi que de l'argent neuf dans certains domaines (Erasmus, innovation, recherche, gestion des frontières). Il salue aussi la conditionnalité des versements de fonds européens au respect de l'État de droit.

De même que l'ancien Premier ministre belge, Gérard Deprez (MR) apprécie fortement l'introduction de nouvelles ressources propres pour alimenter le budget de l'UE, dans la ligne d'un rapport parlementaire qu'il a co-écrit. Mais il regrette l'absence de toute taxation des géants du web "qui ont mis en place une stratégie inacceptable d'évitement de l'impôt."

Bonnes priorités
Ivo Belet (CD&V) a salué "une combinaison intelligente d'économies et d'investissements d'avenir", en insistant sur la sécurité, la surveillance des frontières, l'innovation, les énergies renouvelables et la protection sociale. "Les priorités mises en avant sont les bonnes", selon lui.

L'effort accru réclamé aux États membres reste, en revanche, en travers de la gorge des nationalistes flamands de la N-VA. Pour l'eurodéputé Sander Loones (N-VA), "il n'est pas acceptable que les Flamands doivent payer deux fois la facture du Brexit, une première parce qu'il générera moins de commerce, une deuxième parce qu'ils devront contribuer davantage pour l'Europe". Il estime que la Belgique devra payer 600 millions d'euros de plus au budget de l'UE. A ses yeux, la facture du Brexit devait être assumée par des économies sur le budget de l'UE, et non via de nouvelles recettes. Il se félicite en revanche de l'effort pour la sécurité aux frontières, tout en réclamant une politique plus dure de refoulement.