Plein écran
Carrefour se lance dans la ventre de produits périmés © Photo News

Carrefour lance la vente de produits “périmés” en Belgique

La chaîne de supermarchés participe à un nouveau projet dans le cadre de ses efforts pour diminuer le gaspillage et pour une consommation plus durable. Elle étend donc bientôt à la Belgique une initiative déjà en expansion dans ses magasins en France: la vente de produits dont la date d’utilisation optimale est dépassée mais qui restent propres à la consommation.

De la même manière que l’on ne veille pas particulièrement, chez soi, à la date indiquée sur un paquet de sucre, un bocal d’épices ou de cornichons, la chaîne Carrefour souhaite limiter son volume d’invendus en laissant en rayons certains produits d’épicerie après la date indiquée.

Supprimer les dates d’utilisation optimale?

La chaîne précise qu’il s’agit uniquement de produits qui restent parfaitement consommables après la date indicative de l’emballage. Le client, lui, n’est pas trompé: Carrefour rassemble les produits “périmés” sur une ou des étagère(s) dédiée(s) avec l’affichage et la communication nécessaires et offre une remise allant jusqu’à 50%.  “Nous allons voir comment le projet est accueilli par les consommateurs”, explique un directeur Responsabilité Sociale des Entreprises du groupe.

Sont concernés: le sucre, les bonbons, le sel, le vinaigre mais aussi le miel, les pâtes, la farine, les légumineuses ou les céréales. L’enseigne voudrait d’ailleurs supprimer la date d’utilisation optimale de ces produits. Le projet débarque en Belgique à partir de la fin de cette année.

Un gaspillage effréné

Selon un dernier rapport du GIEC, entre 25 et 30% de la nourriture produite annuellement (1,3 milliard de tonnes) sont perdus ou gaspillés. Ce chiffre est en hausse de 40% depuis 1970 et représente 200 calories par jour et par individu. Selon l’Organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), cette perte coûte près de 1.000 milliards de dollars chaque année. Elle équivaut aussi à 8% des émissions de gaz à effet de serre. Les consommateurs des pays riches mettent à la poubelle chaque année 222 millions de tonnes de nourriture, soit presque l’équivalent de la production de l’Afrique sub-saharienne (230 millions de tonnes). À titre de comparaison, les habitants d’Europe et d’Amérique du Nord jettent en moyenne jusqu’à 115 kilos d’aliments chaque année, contre 6 à 11 kilos pour ceux d’Afrique sub-saharienne et d’Asie.

Date limite de consommation et date d’utilisation optimale, quelle différence?

Le consommateur ne prend souvent pas la peine de distinguer les deux notions et se contente de lire la date indiquée. La “date limite de consommation” (DLC) est la véritable appellation de ce que nous appelons “date de péremption” en langage familier. La DLC est parfois indiquée comme suit: “à consommer jusqu’au...”. Cela signifie que le produit est trop altéré passé cette date pour répondre aux normes d’hygiène alimentaire et comporte donc un risque immédiat pour la santé. C’est le cas de la viande ou du poisson, par exemple.

La “date limite d’utilisation optimale” (DLUO), aussi indiquée “à consommer de préférence avant le...”, indique que le produit est amoindri, dans son aspect, sa texture, sa teneur en vitamines ou d’un point de vue gustatif, mais qu’il ne représente pas un danger pour la santé s’il est consommé après la date indiquée. Par cette date, le fabricant indique jusqu’à quand il garantit son utilisation inchangée et optimale. Souvent, elle ne comprend pas de jour, mais simplement le mois et l’année. Cela concerne surtout les produits d’épicerie comme les pâtes, sucreries, conserves ou confitures, mais cela s’applique aussi à certains produits frais comme les œufs ou les yaourts.

  1. Le patron de la Loterie nationale favorable à une entrée en Bourse

    Le patron de la Loterie nationale favorable à une entrée en Bourse

    À l'image de la Française des Jeux (FDJ), qui a fait son entrée à la Bourse de Paris jeudi, le patron de la Loterie nationale verrait bien l'entreprise suivre le même schéma, à Bruxelles cette fois. "Un beau dossier pour l'investisseur belge", estime ainsi Jannie Haek dans les colonnes de L'Echo et De Tijd vendredi. Pour le ministre fédéral de tutelle David Clarinval (MR), une telle opération n'est toutefois "pas à l'ordre du jour".