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Christine Lagarde, star de la finance mondiale

Avocate d'affaires aux Etats-Unis avant de devenir un maillon-clé de la politique de Nicolas Sarkozy, la ministre française des Finances Christine Lagarde, 55 ans, candidate à la direction du FMI, a acquis sa grande renommée internationale à la faveur de la crise.
 
Cette femme élégante aux cheveux gris, chouchoute de la presse anglo-saxone et populaire dans le monde de la finance, dispose de nombreux atouts pour briguer la succession de son compatriote Dominique Strauss-Kahn, accusé de crimes sexuels.
 
Jeudi, le New York Times en avait fait d'emblée la "favorite" de cette succession. L'influent quotidien américain citait Kenneth S. Rogoff, ancien chef économiste du FMI et professeur à Harvard, expliquant que Christine Lagarde était reçue "pratiquement comme une rock star" à travers le monde.
 
Ministre des Finances de l'année 2009
Dans la même veine, le Financial Times l'avait désignée ministre des Finances de l'année 2009 pour ses "performances" internationales face à la plus grave récession mondiale de l'après-guerre et le magazine américain Forbes en faisait la 17e femme la plus puissante du monde.
 
Cette femme au style de grande bourgeoise, raide et hautaine aux dires de ses détracteurs, a couru le monde sans relâche depuis le début de l'année pour défendre les positions de la présidence française du G20 sur la régulation des marchés financiers.
 
Au fil des ans, le Forum économique mondial de Davos est devenu son jardin, une proximité avec le gotha de la finance facilitée par sa présidence de Baker & Mckenzie, prestigieux cabinet d'avocats d'affaires américain. Première femme à en prendre la tête, elle serait aussi la première à prendre celle du FMI.
 
Née le 1er janvier 1956 à Paris de parents enseignants, Christine Lagarde est diplômée en sciences politiques, titulaire d'une maîtrise d'anglais et d'un diplôme de droit social et de la concurrence.
 
Ses proches vantent sa "culture de la négociation multilatérale" et ses "réseaux". Elle explique que les femmes "projettent moins de libido, moins de testostérone" en politique. "Cela aide" de ne "pas nécessairement investir nos egos dans une négociation", disait-elle en octobre 2010 à la chaîne américaine ABC.
 
Pour cette ancienne championne de natation synchronisée, mère de deux enfants, les débuts dans l'arène politique française n'ont toutefois pas été sans couac.
 
Fraîchement débarquée de Chicago en juin 2005 pour rejoindre le gouvernement d'alors au Commerce extérieur, elle avait été rappelée à l'ordre pour avoir critiqué le droit social français -protecteur du salarié-, des propos trahissant une sensibilité libérale très américaine.
 
Première femme ministre des Finances en France
Elu président, Nicolas Sarkozy la fait monter en grade en juin 2007: après un passage éclair à l'Agriculture, elle devient la première femme ministre de l'Economie et des Finances. Des fonctions qu'elle occupe toujours près de quatre ans après, une longévité exceptionnelle.
 
Mais, grosse ombre au tableau, la candidature de la ministre au FMI pourrait être empoisonnée par une affaire liée à l'ex-homme d'affaires Bernard Tapie. (afp)