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Chute “sans précédent” de l'activité du secteur privé en mars dans la zone euro

L’activité du secteur privé dans la zone euro a chuté en mars par rapport à février, à un rythme “sans précédent”, conséquence de la pandémie du nouveau coronavirus, selon la première estimation de l’indice PMI composite du cabinet Markit, publiée mardi.

L’indice mensuel s’affiche à 31,4 points, contre 51,6 points en février, “la plus forte baisse de l’activité globale (...) depuis la première publication des données composites en juillet 1998", explique Markit dans son communiqué.

Lorsque le PMI est supérieur à 50 points, cela signifie que l’activité progresse. Elle diminue s’il est inférieur à ce seuil. “Le précédent record baissier de l’indice PMI composite (36,2) avait été enregistré au cours de la crise financière mondiale, en février 2009", rappelle le cabinet.

Le fort recul de l’indice s’explique par “les mesures exceptionnelles adoptées par les différents pays afin de freiner la propagation du coronavirus”, qui ont “fortement perturbé l’activité des entreprises”.

Pire qu’en 2008

L’indice de l’activité de services dans la zone euro a chuté à 28,4, contre 52,6 en février, là-encore un record historique. Quant à l’indice manufacturier, il se replie à 39,5, contre 48,7 en février, son niveau le plus bas depuis “131 mois”.

L’enquête signale par ailleurs “des degrés de pessimisme sans précédent dans les deux secteurs étudiés” en ce qui concerne “les perspectives d’activité à douze mois”.

L’effondrement de l’activité globale surpasse “de loin” celui observé “au plus fort de la crise financière mondiale”, remarque Chris Williamson, économiste chez Markit.

Cela préfigure selon lui “une baisse du PIB d’environ 2% au premier trimestre, et cette forte contraction de l’économie risque de s’accentuer dans les mois à venir, lors de la mise en œuvre probable de mesures de plus en plus drastiques, destinées à lutter contre la crise sanitaire”.

M. Williamson souligne par ailleurs que “l’assombrissement des perspectives d’activité s’est répercuté sur le marché de l’emploi, les entreprises de la zone euro ayant en effet signalé la plus forte réduction de leurs effectifs depuis juillet 2009".

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