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Membres du panel : Stefaan Paulus (CSB Waste Solutions), Luc Vermeeren (Ecopower), Wim Vanlede (Stroomop), Ludwig van Wonterghem (Stroomop et ÖkoFEN), Benjamin Clarysse (Bond Beter Leefmilieu), Michel De Paepe (Pixii), Francies Van Gijzeghem (ABDE Solutions) et Christophe Fonteyne (Polvo). © Livios

“Dans un avenir renouvelable, nous chauffons collectivement”

LiviosDès 2021, toutes les maisons doivent être Q-ZEN, bien isolées et étanches à l’air. Cela signifie que leurs besoins en chaleur sont beaucoup plus faibles que dans une maison existante avec une isolation limitée. C’est pourquoi de nombreux constructeurs se demandent aujourd’hui comment approcher au mieux cette fourniture de chaleur. Le site de construction Livios a posé cette question à huit experts. 

« Plus de chauffage central »

Ludwig Van Wonterghem, directeur général de Stroomop, est convaincu que nous n’aurons plus besoin de chauffage central à l’avenir. « On construira alors des maisons avec un poêle de 4 ou 5 kW au cœur. 3 kW de cette puissance seront utilisés par une chaudière pour la préparation de l’eau chaude sanitaire. Dans une maison passive, cela constituera la plus grande demande. Le rez-de-chaussée pourra alors parfaitement être chauffé. Plus besoin de chauffage à l’eau. Une économie importante. Si vous laissez votre poêle allumé pendant quelques heures, votre chaudière de 300 litres sera pleine et votre maison sera chaude. En été, quand vous n’aurez pas besoin de chauffage, un chauffe-eau solaire vous fournira de l’eau chaude. »

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La chaleur comme un service

À cet égard, Michel De Paepe voit émerger une tendance : offrir la chaleur ou le confort comme un service. « En tant qu’utilisateur individuel, vous ne serez plus responsable de ce que vous obtenez de la chaleur. L’entreprise qui fournit la chaleur devra vous offrir cette garantie et a les outils pour le faire beaucoup plus facilement. Ils ont également tout intérêt à vous fournir un service de bonne qualité, car ils doivent en tirer un profit. On le voit dans tout. Par exemple dans le transport : on n’aura plus de voiture, on achètera un déplacement. Pour le chauffage, c’est le même principe. Vous faites livrer le confort et paierez un abonnement. C’est vers ça qu’on évoluera. »

Produire de l’énergie localement

Benjamin Clarysse, chargé de mission chez Bond Beter Leefmilieu, s’attend également à une évolution vers des solutions collectives dans le futur. « On le voit aussi dans d’autres contextes, comme le cohousing, les voitures partagées et les réseaux de chaleur. À l’avenir, il y aura non seulement de grands réseaux de chaleur, mais aussi des réseaux de chauffage urbain avec lesquels vous pourrez fournir dix maisons, car un forage commun sera rentable. Dans un avenir renouvelable, il sera absolument nécessaire de faire beaucoup plus de choses collectivement et non individuellement. »

Selon Francies Van Gijzeghem, l’un des avantages de ces réseaux de chaleur locaux est qu’ils constituent également un tremplin vers un réseau de chaleur plus large qui sera éventuellement construit. « C’est ce qui se passe, par exemple, à Eeklo, où à terme les maisons et l’industrie seront raccordées à une source de chaleur résiduelle provenant d’une installation de valorisation énergétique des déchets. Le train de la transition est parti et on doit monter dedans. »

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Phase de transition

Un grand changement par rapport à aujourd’hui. « C’est pourquoi ça se heurte encore beaucoup maintenant », dit Benjamin. « On vient d’une société où chacun fait ses propres choix. Tout le monde fait tout séparément. On doit apprendre à déterminer ce qu’on peut faire ensemble et à quelle échelle. Par exemple, va-t-on installer une batterie de quartier ? Où doit-elle être installée et quelle est sa place dans le réseau ? C’est l’histoire des local energy communities qui se développent maintenant. On est dans une phase de transition. Je crois que c’est l’un des grands changements sociaux auxquels nous sommes confrontés. »

Selon Christophe Fonteyne, les autorités locales peuvent jouer un rôle énorme dans cette histoire. « Si on doit attendre le gouvernement fédéral, on débattra encore dans 15 ans. » Stefaan Paulus de CSB Waste Solutions voit également un rôle pour les communes et les individus qui s’unissent en coopératives. « Mais un réseau de chaleur est très cher. C’est pourquoi la politique doit le soutenir. »

Obstacle supplémentaire

Luc Vermeeren voit un autre obstacle pour les réseaux de chaleur. « On adopte le principe de ‘pas plus qu’autrement’. Les gens qui utilisent la chaleur du réseau de chauffage ne devraient donc pas payer plus cher que s’ils utilisaient du gaz naturel. Et le gaz naturel n’est pas cher en Flandre, ce qui rend difficile la rentabilité d’un réseau de chaleur. » C’est pourquoi, selon Michel De Paepe, c’est au gouvernement de réorienter les taxes vers les combustibles fossiles. « On aura une toute autre histoire. En outre, le gouvernement doit permettre le déploiement des réseaux de chaleur et déterminer dans quelles zones il est judicieux de les installer, et dans quelles zones il est judicieux d’améliorer le réseau électrique et d’installer une pompe à chaleur. Il faut le voir dans une politique d’aménagement du territoire. »

Rénovations de quartier

Selon Benjamin Clarysse, tant que le gouvernement n’indique pas aux (re)constructeurs quelle est la meilleure solution dans leur cas, il reste difficile de faire des choix. « Sans guidance, on continue à faire de mauvais choix. Même si vous avez les meilleures intentions en tant que constructeur. Pareil pour les rénovations. Il serait probablement mieux de rénover toute la rue en une fois, mais nous ne le faisons pas. Nous sommes tous des propriétaires individuels. Chacun prend ses décisions individuellement et commet les mêmes erreurs. Dans le meilleur des cas, comme aux Pays-Bas, on peut rénover des quartiers entiers. Je pense qu’on doit évoluer dans cette direction : l’industrialisation des rénovations, par exemple. Même en Flandre, il est possible de traiter certaines choses d’une manière plus industrielle. »

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Source : Livios