Plein écran
Présentation des résultats semestriels 2019 par le CEO Johan Thijs le 8 août 2019. © Photo News

KBC va supprimer 1.400 emplois dans les trois ans

Mise à jourLe bancassureur KBC a annoncé mercredi, alors que se tenait à partir de 7h45 un conseil d’entreprise extraordinaire, une réduction de ses effectifs en Belgique de 1.400 collaborateurs. Cela concerne des employés du siège social, des fonctions de support ainsi que du réseau d’agences à travers le pays, indique le groupe dans un communiqué transmis à 8h10.

Une partie de ces emplois perdus, soit 300 fonctions, seront désormais assurés depuis la République tchèque et la Bulgarie (les centres de services partagés de Brno et Varna), où le groupe est également implanté. Une telle évolution était crainte par les syndicats.

La suppression de ces emplois aura lieu au cours des “trois prochaines années” et “sera entièrement compensée par des départs naturels”, dont des départs à la retraite. Ces dernières années, les départs naturels dépassaient les 500 ETP (équivalents temps plein) par an, assure le groupe. “Par conséquent, aucun plan de licenciement collectif obligatoire ni plan de départ collectif n’est prévu ou requis”, précise-t-il. Parallèlement, des contrats avec 400 sous-traitants externes seront supprimés, principalement dans l’informatique et parmi les intérimaires.

L’annonce est en fait le résultat d’une réflexion entamée en mai dernier, quand le groupe, dont dépend entre autres CBC Banque&Assurance, avait annoncé le lancement d’un “exercice interne” pour envisager une optimisation, une “révision”, de sa structure de gouvernance. Le bancassureur avait alors lancé la réflexion au sein de son management, demandant aux directeurs généraux de chaque département de dégager des pistes pour améliorer l’efficacité opérationnelle à leur niveau.

La mise en œuvre du “plan” qui en résulte, à l’échelle du groupe, débute dès ce mois de septembre, prévient KBC. Il se poursuivra jusqu’à la fin de l’année 2022. Il est question de déménager certaines sections, et d’automatisation.

“Notre organisation sera plus agile et plus plate, avec moins de niveaux de décision”

“Les organisations doivent être plus agiles afin de pouvoir prendre des décisions et mettre en œuvre les changements plus rapidement”, justifie mercredi le CEO de KBC Groupe, Johan Thijs, par voie de communiqué. “Grâce à cet exercice, notre organisation sera plus agile et plus plate, avec moins de niveaux de décision”, ce qui devrait finalement bénéficier au client, assure-t-il. “Cet exercice d’optimisation aura des conséquences pour certains de nos collaborateurs”, admet le CEO, qui promet cependant que le “redéploiement” du personnel impacté est essentiel, avec éventuellement la recherche de “solutions alternatives” là où ce n’est pas possible. “L’exécution de cet exercice se fera dans le respect, comme nous le faisons toujours”, conclut le Limbourgeois, présent au sein de l’entreprise depuis 1988.

Les grandes lignes du plan d’optimisation ont été présentées au personnel mercredi matin, et les détails pour chaque département devraient parvenir aux employés concernés au cours des prochaines semaines. L’impact concret et individuel sur les employés, dans chaque département, doit d’ailleurs encore se préciser dans de nombreux cas, car “actuellement, les personnes concernées ne sont identifiées que dans une mesure limitée, c’est-à-dire là où des redéploiements concrets sont déjà en cours ou ont été élaborés”.

Des coupes également en Tchéquie

“KBC a l’intention d’apporter les changements nécessaires dans le plein respect de ses employés et par un dialogue ouvert et constructif avec toutes les parties prenantes et les partenaires sociaux”, précise encore l’entreprise.

Dans les trois prochaines années, le nombre d’employés du groupe va également baisser, d’au moins 250 par an, en République tchèque, où un exercice de transformation similaire a été entamé plus tôt dans l’année. Plus de 400 emplois ont déjà été supprimés entre juillet 2018 et fin juin 2019 chez CSOB, la banque tchèque qui appartient au groupe KBC.

“Sentiments mitigés”

Les représentants syndicaux présents mercredi au conseil d’entreprise extraordinaire du groupe KBC ont fait part sur place de “sentiments mitigés”. “D’un côté, il n’est pas question de licenciements secs, et c’est positif”, indique mercredi matin Dirk De Backere, responsable national ACV Puls (CNE, centrale nationale des employés du syndicat chrétien CSC) au sein de KBC. “D’un autre côté, on ne peut pas nier qu’il y aura un impact important sur le personnel. On parle de 1.400 personnes, 1.800 si l’on compte les contrats externes qui ne seront pas reconduits. Nous sommes inquiets quant à la charge de travail pour ceux qui restent.”

ACV Puls, ancienne LBC-NVK (CNE), constate mercredi via communiqué que les employés de KBC passent heureusement à côté de “mesures collectives drastiques” et d’un “scénario ING”. La centrale syndicale apprécie que l’effort soit “étalé sur plusieurs années”, tout en “utilisant de manière maximale les départs naturels”, avec parallèlement des investissements “dans des programmes de formation”.

“Cela n’efface cependant pas le fait que des collaborateurs, directs ou indirects, seront impactés. (...) La réorganisation ne doit pas seulement se dérouler par phases, mais également s’accompagner de mesures pour contrôler/diminuer l’actuelle charge de travail. Faire plus avec moins n’est pas une option!”, indique encore ACV Puls, qui promet de suivre la situation de près via les organes de concertation adéquats. La centrale du syndicat chrétien souligne l’importance, entre autres pour les employés en fin de carrière, de pouvoir s’appuyer sur une CCT solide, et appelle à “prolonger” et “actualiser” l’actuelle, qui expire normalement en fin d’année.

“Évitons un soulagement total, il manque beaucoup d’informations”

Le responsable sectoriel “banques” du syndicat libéral CGSLB a réagi de manière partagée mercredi matin à l’annonce du groupe KBC. Tout comme un délégué de la CNE un peu plus tôt, Maarten Dedeyne (ACLVB-CGSLB) commence par transmettre un certain soulagement: “c’est peut-être moins grave que ce que l’on craignait, on évite un ‘scénario ING’”. Mais “on veut éviter un soulagement total”, reprend immédiatement Maarten Dedeyne, contacté en fin de matinée. “Actuellement, il y a beaucoup d’informations qui manquent: on ne sait pas quelles personnes seront concernées, quelles fonctions, quels services”, justifie-t-il.

Le bancassureur insiste sur sa volonté de former les travailleurs dont le job passerait à la trappe, ou de les déplacer vers une autre fonction, via le “job center” interne de KBC. Le CEO Johan Thijs l’a encore mis en avant peu après le conseil d’entreprise extraordinaire, via un conference call avec la presse. Mais “ce n’est pas si simple”, nuance Maarten Dedeyne. “On voit déjà que le job center est rempli. Ceux dont la fonction va disparaitre et qui n’auront pas été formés risquent de se retrouver dans un an ou deux dans une position où ils finiront malgré tout par quitter la banque”. “Normalement, KBC engage 300 à 400 nouvelles personnes chaque année. Ce matin lors du conseil d’entreprise extraordinaire, l’entreprise a indiqué qu’elle allait peut-être revoir cela, diminuer le nombre, mais pas forcément supprimer les embauches”, il y aura donc potentiellement également de nouveaux candidats pour les nouvelles fonctions promises.

La question se pose, selon le syndicaliste: “les nouvelles fonctions seront-elles créées pour ceux qui vont perdre leur boulot?”

“Ils disent qu’ils vont former les gens maintenant, mais c’est trop tard!”

L’entreprise a fait état mercredi d’un environnement dont l’évolution amène son lot de défis, le CEO évoquant plusieurs fois la “digitalisation” du secteur bancaire, et les clients qui délaissent les agences pour préférer les opérations “online”. Selon Maarten Dedeyne, selon fait cependant des années que le syndicat libéral prévient la banque de la nécessité, justement, de préparer le personnel à ces évolutions, notamment via la formation. “Pour beaucoup de travailleurs, cela n’a pas été fait”, regrette Maarten Dedeyne. “Ils disent qu’ils vont former les gens maintenant, mais c’est trop tard!”

Les libéraux attendent également que la direction fasse un geste dans les négociations au sujet de la future CCT. Les négociations se sont interrompues avant l’été, indique Maarten Dedeyne. La direction souhaite lier la question de la sécurité d’emploi à celle d’une flexibilité accrue des travailleurs, ce que la CGSLB rejette. Une réponse de la direction est attendue la semaine prochaine.

La branche wallonne CBC pas concernée

Un porte-parole du groupe KBC a confirmé mercredi en fin de matinée que l’exercice d’”optimisation de la gouvernance à l’échelle du groupe” ne concerne pas la filiale wallonne du groupe, CBC Banque & Assurance.

“CBC a son propre plan d’expansion”, indique le porte-parole du groupe. La suppression de 1.400 emplois dans le cadre de ce plan d’optimisation, qui court à partir de ce mois de septembre et jusque fin 2022, ne concernera donc pas les employés directs de CBC Banque & Assurance, confirme-t-il.

“Dans le plan d’expansion propre à CBC, on s’est entre autres fixé des objectifs comme l’acquisition de 80.000 nouveaux clients entre 2015 et 2020. (...) Nous avons au contraire un plan d’investissement, entre autres pour la relocalisation et l’ouverture d’agences, dans une logique spécifique à la Wallonie”, indique-t-il.

CBC Banque & Assurance, qui a inauguré l’an dernier son nouveau siège “au coeur de la Wallonie”, à Namur, compte “environ 86 agence et 8 centres de banque privée” sur toute la Région, pour environ 320.000 clients. CBC emploie un peu plus de 1.100 collaborateurs.

  1. Un syndicat américain promet une grève de grande ampleur chez General Motors à partir de minuit

    Un syndicat américain promet une grève de grande ampleur chez General Motors à partir de minuit

    Le syndicat de travailleurs d'Amérique du Nord United Auto Workers a appelé dimanche ses affiliés travaillant chez General Motors à travers les États-Unis à la grève, dès minuit dimanche soir. Les affiliés UAW sur les différents sites américains du constructeur GM sont plusieurs dizaines de milliers (46.000 selon CNN, 48-50.000 selon Reuters). Il s'agirait de la première grève d'ampleur chez GM depuis 2007.
  2. Voo a secrètement été vendu en mai

    Voo a secrète­ment été vendu en mai

    Selon des informations récoltées par le quotidien, une offre liante pour la vente du télédistributeur Voo a été signée un peu avant le 24 mai avec le fonds d'investissement américain Providence. Cela signifie que Voo était déjà secrètement vendu avant les élections régionales et fédérales qui se sont tenues voilà plus de trois mois. L'accord prévoit la cession de 50% plus une action de Voo à Providence, écirt Le Soir. Voo SA (anciennement connue sous le nom de Newco 2) est une filiale de Nethys dans laquelle sont logés ses actifs télécoms, de télédistribution, la société Be TV et les call-centers.