Plein écran
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker aux côtés de Donald Trump à Washington (25 juillet 2018) © photo_news

L'Europe va négocier avec les Etats-Unis malgré le "non" de la France, la Belgique s'abstient

UpdateLes Etats membres de l'UE ont approuvé lundi l'ouverture de négociations commerciales avec les Etats-Unis pour éviter une guerre commerciale avec Washington en dépit du refus affiché de la France de négocier avec un partenaire hostile à l'accord mondial sur le Climat.

Plein écran
Cecilia Malmström © REUTERS

"Si les Américains acceptent de commencer les négociations, je pense que nous pourrons aller assez vite", a assuré la commissaire au Commerce, la suédoise Cecilia Malmström, chargée de mener les discussions au nom des 28.

La France a voyé contre
La France a voté contre l'ouverture de ces négociations lors d'une réunion des ministres de l'Agriculture de l'UE à Luxembourg, mais son opposition a été sans effet, car les décisions en matière commerciale se prennent dans l'UE à la majorité qualifiée, ont indiqué plusieurs sources européennes.

La Belgique s'est abstenue
La Belgique s'est quant à elle abstenue, faute de consensus entre les différentes entités du pays sur la question, ont précisé des sources européennes à Belga. 

Bruxelles s'oppose
C'est la Région bruxelloise qui a fait valoir ce week-end son opposition en interrompant la procédure en cours, et de ce fait, le gouvernement wallon n'a pas eu à se prononcer, faisait-on observer à Namur.

La Flandre soutient
Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a quant à lui regretté cette abstention, rappelant le soutien sans réserve de la Flandre à l'ouverture de discussions entre l'UE et Washington.

Accord avant octobre 2019
Les 26 autres Etats de l'UE ont eux soutenu l'octroi d'un mandat à la Commission pour qu'elle négocie au nom de l'UE. L'exécutif européen compte désormais commencer à discuter avec Washington "dès que possible", a affirmé Cecilia Malmström. L'espoir est de parvenir à un accord avant la fin du mandat de la Commission Juncker, c'est-à-dire le 31 octobre 2019.

"Nous, nous sommes prêts"
"On va voir si les Etats-Unis adoptent un mandat de négociation", a confié à l'AFP le représentant d'un Etat membre. "Nous allons les contacter aujourd'hui et voir quand nous pourrons nous rencontrer. Je n'ai pas de date à donner. La décision est entre leurs mains. Nous, nous sommes prêts", a expliqué la négociatrice.

L'agriculture, ligne rouge
L'UE a posé plusieurs conditions difficiles à accepter pour l'administration américaine. Le futur accord doit être limité aux biens industriels. Il ne doit pas inclure l'agriculture, les services ou les marchés publics. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker s'y est engagé et Cecilia Malmström a confirmé que "l'agriculture ne fera pas partie des négociations". "C'est une ligne rouge" pour l'Europe, a-t-elle insisté. Or, les Etats-Unis ne voudront pas négocier s'il n'y a pas l'agriculture, a averti un négociateur européen.

Taxes sur les voitures européennes
Les Européens demandent en outre que les Etats-Unis renoncent à taxer les automobiles européennes, un secteur très sensible pour l'Allemagne. "C'est la motivation principale de l'ouverture des négociations", a assuré à l'AFP un responsable européen. La décision doit être prise à Washington avant le 18 mai, date de l'échéance pour imposer de telles sanctions.

Sanctions américaines
Le mandat prévoit que si les Etats-Unis n'ont pas retiré les sanctions imposées en juin 2018 sur les importations européennes d'acier et d'aluminium d'ici la fin de la négociation, l'accord commercial ne sera pas conclu, comme le demandait la France. Si les négociations vont à leur terme, Bruxelles anticipe une augmentation des échanges transatlantiques d'un peu moins de 10% d'ici 2033 dans les secteurs concernés, ce qui correspond à 53 milliards d'euros.

Droits de douane
L'UE applique en moyenne des droits de douane de 4,3% sur les biens industriels en provenance des Etats-Unis. Washington impose, à l'inverse, un taux moyen de 3,8%. L'objectif des négociateurs est de ramener à zéro tous les taux, déjà très bas sur la plupart des secteurs concernés.