La croissance belge se tasse

La croissance en Belgique devrait se limiter à 1,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année et en 2020, a indiqué mercredi la Commission européenne, pour qui les perspectives de l'économie européenne sont assombries par plusieurs facteurs extérieurs.

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En février, l'exécutif européen prévoyait encore 1,3% de croissance pour 2019. Ces deux dernières années, la croissance belge s'était fixée à 1,7% et 1,4%. Ce ralentissement est principalement dû à un essoufflement de la consommation privée et de l'investissement privé, tandis que les exportations nettes ont contribué de manière positive.

Climat économique

"Bien que la croissance soit restée robuste au premier trimestre de cette année, le climat économique s'est détérioré dans la plupart des secteurs depuis janvier. Les données font systématiquement apparaître une baisse des carnets de commandes et une croissance plus lente de l'emploi", selon la Commission à propos de l'économie belge.

Et dans la zone euro?

Avec ce taux de 1,2%, le pays serait tout de même dans la moyenne de la zone euro cette année, mais il décrocherait légèrement en 2020 (1,4% prévu pour la zone monétaire, en légère baisse). Comparée à ses voisins, la Belgique ferait globalement mieux que l'Allemagne (0,5% et 1,4% prévus), mais légèrement moins bien que la France (1,3% et 1,4%) ou les Pays-Bas (1,6% et 1,5%). L'Italie frôle quant à elle la zone rouge, avec des prévisions de 0,1% et 0,7%.

Hors zone euro

À l'inverse, des pays hors zone euro comme la Pologne (4,4%), la Hongrie (4,4%) ou la Roumanie (4%), dont les économies viennent de plus bas, affichent des prévisions de croissance toujours élevée. L'Irlande, avec 4% de croissance prévue cette année, continue de faire exception dans la zone euro, avec Malte (5,3%).

Tensions commerciales

"Toutes les économies de l'UE devraient encore connaître la croissance cette année et l'année prochaine, même si la croissance solide en Europe centrale et orientale contraste avec le ralentissement en Allemagne et en Italie", a commenté Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission pour l'euro et la stabilité financière. Il pointe du doigt la faiblesse persistante du secteur manufacturier, qui découle de tensions commerciales (Etats-Unis, Chine) et d'incertitudes quant aux futures politiques, dont l'hypothèse d'un Brexit sans accord.

Moscovici optimiste

Commissaire aux Affaires économiques, Pierre Moscovici souligne toutefois que tous les pays de l'UE devraient connaître de nouveau la croissance en 2019 et en 2020, la demande étant soutenue par un marché du travail fort. "Étant donné les nombreux risques qui pèsent sur les perspectives, nous devons intensifier nos efforts pour renforcer encore la résilience de nos économies et celle de la zone euro dans son ensemble", exhorte-t-il.

Inflation

L'inflation, quant à elle, devrait être de 1,3% dans la zone euro ces deux prochaines années. Elle continuerait d'être plus forte en Belgique (1,6%), mais bien moins élevée que l'an dernier (2,3%), reflétant la baisse des prix des produits alimentaires et l'hypothèse d'une baisse des prix du pétrole.