La CSC tire la sonnette d’alarme : 31 métiers de la construction sont en pénurie en Province de Liège

PénurieS’il y des métiers que l’on dit “bouchés”, d’autres sont au contraire en pénurie de main d'œuvre. C’est le cas dans le secteur de la construction qui peine à engager des ouvriers qualifiés. Surtout en province de Liège, puisque 31 métiers sur 39 sont en tension de recrutement.

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31 métiers de la construction sur 39 sont en pénurie, en Province de Liège. © CSC Bâtiment, Industrie & Énergie

Selon la CSC Bâtiment, Industrie & Énergie, 5.000 emplois sont actuellement vacants en Wallonie. Ce qui représente 8 % des offres d’emploi du secteur. La Confédération de la Construction wallonne indique également que les entreprises de la province de Liège sont celles qui ont les plus grandes difficultés à engager, avec 31 métiers en pénurie sur 39. À contrario, la province de Namur s’en sort le mieux, avec 10 métiers dits génériques en pénurie.

L’arrondissement de Verviers est certainement le plus touché, avec 19 métiers en “tension de recrutement”. Parmi ceux-ci, les métiers de carreleur, charpentier ou encore chef de chantier. À Liège, ce sont 8 métiers qui sont concernés, tandis que sur les communes de Huy-Waremme, on en dénombre 4.

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C'est Huy-Waremme qui s'en sort le mieux. © CSC Bâtiment, Industrie & Énergie
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Verviers est la commune la plus touchée. © CSC Bâtiment, Industrie & Énergie

Revalorisation du secteur

“Les projections du bureau du plan montrent que le besoin en main-d’œuvre risque encore de s’aggraver dans les années à venir. Le flux entrant de nouveaux travailleurs dans le secteur est insuffisant”, signale la CSC. Une situation que le syndicat chrétien explique par deux raisons principales : le manque de compétences des candidats et la pénibilité supposée des emplois. “À cela s’ajoute la perception négative qu’ont les jeunes et leurs parents des métiers du secteur de la construction”, ajoute-t-il, en appelant à une révolution culturelle.

La CSC souligne mettre toute son énergie pour obtenir des revalorisations salariales, surtout pour les jeunes. Avec, notamment, des indemnités de mobilité ou des primes à la formation. Le syndicat Bâtiment, Industrie & Énergie de Liège-Verviers demande également que des accords soient pris entre les régions pour éviter les différences de traitement. “Depuis 2018, les différences entre la région flamande et la région wallonne sont énormes. Le jeune wallon en apprentissage perçoit jusqu’à 3.942€ de rémunération en moins que le jeune flamand en apprentissage en 3 ans. De plus, le jeune flamand perçoit jusqu’à 1.000€ de primes régionales en plus que le jeune wallon”, nous explique-t-on.

“Journée chantiers”

Nombre de travailleurs du secteur de la construction, dans des PME ou TPE, sont assez isolés et connaissent peu les avantages du secteur. Pour contrer ce manque d'informations, la CSC organise une “journée chantiers”, ce 16 octobre. 

Mercredi, donc, des militants du secteurs se rendront sur une centaine de chantiers de la province de Liège pour prendre contact avec les jeunes ouvriers, ainsi que pour exposer les quelques nouveautés. Notamment, l’indemnité mobilité ou les primes sectorielles dont nous vous parlions plus haut.

“Les équipes profiteront de cette action pour informer les jeunes du dispositif connu sous le nom d’emploi tremplin construction (ETC) qui promeut un emploi durable pour les jeunes travailleurs. Un incitant financier est octroyé aux employeurs qui engagent en CDI des jeunes de moins de 27 ans avec moins d’un an d’expérience”, indique la CSC qui regrette que ce dispositif ne soit que très peu utilisé.