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La prudence accrue des banques pour l’octroi de prêts hypothécaires a déjà un impact

Le tour de vis de la Banque nationale de Belgique (BNB) envers les banques et entreprises d'assurances, invitées à se montrer plus prudentes dans l'octroi de certains crédits hypothécaires, commence à porter ses fruits.

Depuis le 1er janvier 2020, de nouvelles "attentes prudentielles", qualifiées de "préventives", sont entrées en vigueur à l'initiative de la BNB. Le principe qui les sous-tend est que les banques et entreprises d'assurances sont invitées à se comporter de manière plus prudente dans l'octroi de prêts présentant un ratio "loan to value" (montant du prêt hypothécaire par rapport à la valeur du bien immobilier) très élevé, en particulier pour les prêts hypothécaires conclus par des particuliers pour une maison ou un appartement qu'ils n'occuperont pas eux-mêmes (buy-to-let). Ainsi, la BNB a fixé des seuils que les établissements financiers sont invités à respecter, sous peine de devoir fournir une explication motivée. Désormais, par exemple, un maximum de 35% des prêts au bilan d'une banque peuvent dépasser un "loan to value" de 90%. 

La Banque nationale s'est également inquiétée de la concurrence féroce qui règne entre les banques sur le segment des crédits hypothécaires, conduisant à une forte contraction de leurs marges sur ces produits-phares.
"Concernant les marges des banques, on a vu une correction assez forte à la hausse (dans la foulée des mesures de la BNB, NDLR)", a souligné le gouverneur Pierre Wunsch, en marge de la présentation du rapport annuel de la Banque nationale. "Pour ce qui concerne les quotités trop élevées (par exemple des montants empruntés qui dépassent 90% de la valeur du bien, NDLR), les indications que nous avons montrent que les normes internes des banques ont été renforcées. Mais il faudra plusieurs trimestres pour pouvoir tirer des constats plus robustes". 

Par ailleurs, la BNB constate une augmentation sensible du nombre de logements disponibles en Belgique. Cette amélioration du ratio entre nombre de ménages et nombre de logements est "plutôt une bonne nouvelle", s'est réjoui Pierre Wunsch. "Cela réduit les risques de surchauffe (des prix immobiliers, NDLR) et permet de ne pas aggraver la problématique d'accès au logement pour les jeunes générations.”