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“La récession sera trois fois pire qu’en 2008, il faut une prime pour ceux qui se rendent à leur travail”

Le Voka, le réseau d’entreprises flamand, tire la sonnette d’alarme quant aux effets pervers des primes accordées aux chômeurs temporaires et des absences maladie sans certifical médical. Le Voka veut au contraire que les primes accordées soient réservées à ceux qui sont forcés ou qui ont le courage de continuer à se rendre sur leur lieu de travail malgré la crise du coronavirus, lit-on dans De Tijd aujourd'hui.

Le réseau d’entreprises du nord du pays est reconnaissant pour la vitesse à laquelle le système de chômage temporaire a été assoupli devant la crise économique qui se profilait et ce dès les premiers jours de confinement en Belgique, ainsi que pour les garanties de crédits. La FEB, Unizo et Fevia sont unanimes sur l’importance de ces mesures pour que l’économie se relève une fois la crise passée. Mais le Voka estime qu’il est grand temps de lancer un nouveau signal, c’est-à-dire que chaque personne qui peut continuer à travailler a la responsabilité de le faire. Il en va de l’avenir de notre économie, selon le réseau d’entrepreneurs.

Pas pour le télétravail

Le Voka demande donc au gouvernement fédéral une prime de prestation à hauteur de 150 euros par mois pour chaque travailleur qui s’est rendu sur son lieu de travail pendant la crise sanitaire. Pourquoi? Le Voka s’inquiète d'une tendance croissante: dans de nombreuses entreprises où le télétravail n’est pas possible, la production est mise en danger par le désir d’un nombre grandissant de travailleurs qui demandent à pouvoir rester chez eux. 

“Que ce soit pour le chômage temporaire ou les congés maladie, il n'y a parfois presque plus de différence financière entre le fait d’aller travailler ou de rester chez soi à ne rien faire”, reproche Hans Martens, à la tête de l’organisation. “Nous demandons donc un incentive pour ceux qui se déplacent au travail, là où la sécurité est garantie. Mais le télétravail ne rentre pas dans les critères”, précise-t-il.

“C’est bien que les gouvernements injectent de l’argent, mais il faudra payer l’addition”

La FEB et Unizo ne sont pas d’accord avec cette requête. “Attendons d’abord d’évaluer si ce que les divers gouvernements ont mis en place a le juste impact. Il est bénéfique que le gouvernement injecte de l’argent dans l’économie actuellement mais un jour, il faudra bien payer l’addition”, tempèrent-ils.

Et en matière de facture salée, le Voka a également fait un décompte rapide de l’impact du coronavirus sur ses entreprises. Selon le réseau qui se base sur un tour de table de ses membres, la pandémie pèse déjà à hauteur de 40 milliards d’euros sur l’économie. La semaine dernière, le calcul de l’organisation s’élevait encore à 16 milliards d’euros “seulement”. 

Si les mesures durent jusque fin avril, une catastrophe économique

Ce sont 84% des entreprises flamandes qui auraient ainsi déjà vu leurs revenus baisser et pour 30% d’entre elles, les revenus ont totalement disparu. “Ces dommages de 40 milliards d’euros jusque maintenant, cela entraînera cette année une récession de 7%, si on compte que les mesures de distanciation sociale et confinement seront maintenues jusque fin avril. La conséquence est que cette crise financière sera certainement trois fois plus grave que celle de 2008-2009", résume le Voka. D’où sa proposition visant à encourager la continuité des chaînes de production et la valorisation du travail.