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"Les changements à La Poste sont vitaux pour notre survie"

La Poste ne pourra survivre sans l'introduction des facteurs de quartier qui ne constituent en aucun cas une menace pour le service universel. Voilà résumé en quelques mots le credo que Johnny Thijs, l'administrateur délégué de l'entreprise publique, a martelé mardi au cours d'une conférence de presse.

"Nous pouvons discuter de la mise en place de ce projet - qui prévoit que La Poste engage, à terme, quelque 4.000 facteurs de quartier (équivalents temps plein), NDLR - mais nous n'avons pas un millier de solutions. Il s'agit d'un changement essentiel à notre survie", a-t-il affirmé en assurant que les mutations que vivent actuellement la société et ses travailleurs "ne vont ni trop loin, ni trop vite, bien au contraire".

"La libéralisation du marché sera effective le 1er janvier 2011. Et il n'y a aucun doute sur le fait que nos concurrents feront appel à des collaborateurs qu'ils payeront au salaire minimum", a poursuivi le patron de La Poste. Dans ce contexte, les "facteurs de quartier", une initiative qui suscite la grogne des syndicats, sont incontournables.
Ces derniers "bénéficieront d'un salaire supérieur au minimum légal" - soit 8,43 euros de l'heure au cours des premiers mois - et de primes.

"C'est 15 à 20% de moins que le salaire d'un postier mais je ne peux tolérer qu'on parle de salaires de misère", a encore déclaré Johnny Thijs en assurant dans la foulée "vouloir tout faire pour qu'un accord soit trouvé en commission paritaire". Pour rappel, le front commun syndical a récemment rejeté la mise en place du projet, finalement décidée par le seul conseil d'administration de l'entreprise en vertu d'un article de loi permettant une telle opération.
 
"Seul un blocage complet de la concertation nous forcerait à utiliser cet article 35", a affirmé l'administrateur délégué sans pour autant mâcher ses mots à l'encontre des actions syndicales en cours. "Je les déplore fortement car elles ne mènent à rien", a-t-il dit à ce propos.
"Oui, il faut travailler plus dur aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Mais il est formidablement injuste de dire que les changements que nous connaissons sont une menace pour nos missions de service public. Et la toute grande majorité des facteurs en sont conscients", a conclu le patron de La Poste. (belga)