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Hans-Peter Keitel © epa

Les patrons allemands critiquent la politique économique française

Le président de la fédération allemande de l'industrie (BDI), Hans-Peter Keitel, a sévèrement critiqué mardi la politique économique du gouvernement français, trop "interventionniste" à son goût.

"Je m'inquiète du fait que la croissance en France repose toujours sur l'interventionnisme de l'Etat", a-t-il lancé lors d'un congrès bancaire à Francfort (ouest) organisé par le quotidien Handelsblatt. "Il faut rapidement changer de cap" car "l'écart se creuse entre l'Allemagne et la France", a-t-il ajouté, évoquant aussi la crainte que la solidité financière réelle du pays soit inférieure à sa notation actuelle. La semaine dernière un cabinet de conseil américain, filiale de la holding du milliardaire Warren Buffett, a notamment jugé la dette française "considérablement surévaluée": selon ses calculs la France devrait emprunter à 10 ans à un taux d'intérêt compris entre 4,5% et 5% alors qu'elle ne paye actuellement à ses créanciers qu'un taux d'environ 2,25%. "Si la France venait à subir une pression (des marchés financiers) aussi forte que l'Italie ou l'Espagne, cela signifierait la fin de l'Eurosystème", a prévenu le président du BDI. Comme en France, les médias en Allemagne ne ménagent pas le président français François Hollande ces derniers temps, alors que la crise économique s'aggrave en France, où le seuil des 3 millions de chômeurs, soit 10% de la population active, a été franchi cet été. Les médias allemands ont notamment critiqué la récente baisse des taxes sur le carburant en France pour faire baisser de quelques centimes les prix à la pompe, et beaucoup voient dans le nouveau dispositif subventionné des "emplois d'avenir" une mesure du passé.