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Ryanair annonce dix destinations au départ de Zaventem

UpdateLa compagnie low-cost irlandaise Ryanair a annoncé mercredi au cours d'une conférence de presse l'ouverture de dix lignes au départ de Brussels Airport. Les passagers pourront, dès février prochain, rejoindre Rome, Valence, Venise, Barcelone, Malaga, Alicante, Ibiza, Palma, Porto et Lisbonne depuis Bruxelles pour un total de 196 vols hebdomadaires. "Ce sont des destinations idéales pour les passagers affaires ou la réservation d'escapades en famille dès l'été 2014", a commenté Michael O'Leary.

Les voyageurs d'affaires ne seront donc pas les seuls à pouvoir profiter des tarifs Ryanair pour rejoindre le sud de l'Europe dès le premier trimestre 2014. Michael O'Leary a annoncé mercredi des vols quotidiens depuis et vers Bruxelles. Le chef d'entreprise s'est dit "ravi" que Bruxelles devienne sa deuxième base belge et sa 62e base tous pays confondus.

Au total, 1,5 million de passagers annuels sont attendus et quelque 1.500 emplois pourraient ainsi être créés sur le site de Brussels Airport. Ryanair se fonde sur les chiffres d'une étude du conseil international des aéroports (ACI) indiquant que 1.000 emplois sont créés par million de voyageurs supplémentaires. Mais la compagnie ne s'arrêtera pas là, elle entend bien atterrir et décoller dans tous les aéroports les plus importants d'Europe, notamment Schipol (Amsterdam).

"Brussels Airport est quand même à moitié vide"
Michael O'Leary a également indiqué que Ryanair n'a pris contact avec Brussels Airport que ce mercredi matin. "Nous sommes rapides chez Ryanair", a plaisanté le patron de la compagnie. "Brussels Airport accueille ainsi sa première vraie compagnie low cost", s'est félicité le CEO. Des slots, c'est-à-dire des créneaux, sont disponibles à Brussels Airport, qui devra accueillir la compagnie. "Brussels Airport est de toute façon à moitié vide", a ironisé Michael O'Leary.

A Brussels Airport, Ryanair va entrer en concurrence directe avec EasyJet et Vueling, autres compagnies low cost, mais également avec Brussels Airlines. L'entreprise irlandaise ambitionne de prendre des parts de marché dans le secteur des voyages d'affaires, un segment dans lequel elle est actuellement moins active. Cet objectif s'inscrit dans un changement de la politique de Ryanair, qui proposera prochainement une classe affaire ainsi que des sièges numérotés pour tous les passagers.

"Si Brussels Airlines baisse ses prix, nous aussi"
Les tarifs des vols Ryanair seront disponibles dès jeudi sur le site de Ryanair. Michael O'Leary les a estimés à la moitié du prix des vols opérés par Brussels Airlines. "Et si Brussels Airlines baisse ses prix, nous suivrons", a-t-il ajouté, avant de déclarer que "Brussels Airlines n'est de toute façon pas un concurrent pour nous, c'est une compagnie trop petite pour que nous nous en préoccupons".

Afin de célébrer l'arrivée de Brussels Airport comme base de Ryanair, l'entreprise irlandaise propose 100.000 tickets à 15,99 euros sur son site internet jusque jeudi minuit.

Des vols moins chers depuis Charleroi
Ryanair va parallèlement poursuivre son développement à l'aéroport de Charleroi, où la compagnie peut proposer des vols à de meilleurs tarifs que ce qu'elle va faire à Zaventem. Charleroi restera le principal hub de la compagnie aérienne en Europe du Nord. Le patron de la compagnie a également indiqué que Ryanair continuait à mener des discussions avec l'aéroport d'Ostende.

L'aéroport de Charleroi a réagi à cette annonce en indiquant poursuivre son travail de diversification et de développement des compagnies aériennes présentes sur son site, afin notamment de garantir la pérennité de l'emploi. La grosse majorité des 6,5 millions de voyageurs annuels de l'aéroport de Charleroi sont en effet des clients de Ryanair.

"Chacun son ciel"
De son côté, André Antoine, ministre wallon en charge de la politique aéroportuaire, a réagi à l'annonce via Twitter: "À chacun son coin de ciel ! Low cost et Ryanair à Charleroi.Vols réguliers et long-courriers à Bruxelles. La prospérité pour tous." Le ministre avait fait connaître hier son souhait de voir la compagnie à bas prix continuer à évoluer à l'aéroport de Charleroi plutôt que s'étendre à celui de Zaventem.

"Dès lors que Zaventem s'est ouvert au low cost, Ryanair s'y est engouffré", regrette le ministre wallon. M. Antoine rencontrera en début de semaine prochaine le patron de Ryanair, Michaël O'Leary, qui n'était jusqu'ici présent en Belgique qu'à l'aéroport de Charleroi.

Questions et préoccupation pour Charleroi
"Qu'entend-il par 'Charleroi reste notre position principale'?", se demande M. Antoine. "J'entends qu'il y ait des projets de développement et de croissance pour la région de Charleroi", a-t-il ajouté, rappelant les projets régionaux d'extension de l'aérogare, divers aménagements d'infrastructure, etc. "Je veux voir quel volume d'activités" Ryanair envisage à Charleroi.

M. Antoine a répété ses critiques sur la stratégie "débridée" de Zaventem, qui "souffle des questions à la Commission européenne" et "pique le succès des autres".

Il relève que la clientèle d'affaires de Charleroi, potentiellement visée par Zaventem, n'est pas loin des 20%. "Cela me préoccupe et j'attends des précisions de Michaël O'Leary".