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Le premier ministre hongrois, Viktor Orban © afp

"Taxe sur le savon", "taxe sur les chips": les nouveaux impôts hongrois

Le parlement hongrois a adopté mardi une nouvelle série d'impôts indirects touchant les compagnies étrangères, mais aussi tous les aspects du quotidien, dans la droite ligne des nombreuses taxes spéciales introduites depuis 2010.

Une nouvelle "taxe sur le savon" et une extension de la "taxe sur les chips" ont notamment été votées, tandis que la "super-taxe" sur les revenus publicitaires des médias, perçue comme une attaque contre la chaîne privée RTL Klub, a vu son taux marginal passer de 40 à 50%.

Au lendemain d'une nouvelle manifestation antigouvernementale à Budapest, le paquet fiscal a été adopté par 128 voix contre 30 dans un hémicycle largement dominé par le parti conservateur Fidesz du Premier ministre populiste Viktor Orban.

Le groupe RTL, filiale du géant allemand des médias Bertelsmann, seul en Hongrie à être concerné par le taux le plus élevé de la "super-taxe" sur les médias, avait déposé le mois dernier un recours devant la Commission européenne, estimant qu'elle était discriminatoire et menaçait le "pluralisme médiatique".

Le paquet prévoit une autre mesure affectant tout particulièrement les sociétés étrangères: un prélèvement pour analyses alimentaires allant jusqu'à 6% du chiffre d'affaires pour les supermarchés dont les recettes dépassent les 300 milliards de forints (près d'un milliard d'euros). L'impôt a été surnommé "taxe Tesco", du nom du géant britannique de la distribution, qui est en difficulté en Hongrie.

Une taxe de 0,05% est également prévue sur les titres étrangers des fonds d'investissement.

Initialement comprise dans cet ensemble de mesures, la taxe sur internet, à l'origine des manifestations les plus massives depuis le retour au pouvoir de Viktor Orban en 2010, a finalement été retirée sous la pression de la rue.

La Hongrie avait dû en 2008 appeler à l'aide le FMI et l'UE pour éviter la banqueroute. Aussitôt après son élection en 2010, Viktor Orban avait pris des mesures pour réduire le déficit budgétaire, multipliant les "taxes spéciales".