Tensions chez Skeyes: "La situation devient ingérable"

VideoSkeyes, ex-Belgocontrol, s'attend à ce que les conséquences des actions menées jeudi par les contrôleurs aériens se prolongent dans la journée et dans la nuit. La situation devient totalement ingérable a déploré  Arnaud Feist, l'administrateur délégué de Brussels Airport

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Skeyes ne pouvait cependant pas donner plus de précisions quant au nombre de membres de son personnel qui n'ont pas pris le travail.

Les actions chez Skeyes suscitent le ressentiment de nombreux voyageurs. Dans une lettre ouverte, les aiguilleurs du ciel soulignent jeudi que la pénurie de personnel dont ils se plaignent compromet en réalité la sécurité de tous.

"En tant que voyageur, vous avez le droit de savoir quelles sont les raisons pour lesquelles nous poursuivons les actions actuelles. Contrairement à ce qui vous est souvent présenté, ce n'est pas une question de contraintes financières. Nous demandons seulement de respecter les lois et les règlements, et ceci en fonction de la sécurité", y lit-on.

Les contrôleurs aériens déplorent surtout le manque criant de personnel. "Dans le centre de contrôle du trafic aérien Canac2 (à Steenokkerzeel), le déficit en la matière est d'au moins 25%. C'est le résultat d'un manque de planification, de vision et d'un besoin imparable d'épargner. Cela a pour conséquence que la charge de travail devient insoutenable."

"Nous entendons toujours placer la sécurité au premier rang"
"La fatigue, la maladie et la démotivation prennent le dessus et sapent la sécurité! Nous sommes conscients de l'importance économique de notre secteur, et de notre rôle en son sein, mais nous entendons toujours placer la sécurité au premier rang", écrivent encore les aiguilleurs du ciel.

Selon eux, une solution est pourtant à portée de main. "Les centres de contrôle aériens étrangers rencontrant les mêmes problèmes ont pris les mesures nécessaires. La direction de Skeyes choisit cependant uniquement de rechercher les meilleurs chiffres et refuse de s'impliquer dans une histoire où tant les aiguilleurs du ciel que les compagnies aériennes et les voyageurs sont gagnants."

Les contrôleurs aériens espèrent bénéficier de la compréhension des voyageurs "pour nos efforts en faveur de votre et notre sécurité".

Dix vols Brussels Airlines annulés ce jeudi après-midi
Brussels Airlines a décidé jeudi matin d'annuler dix de ses vols prévus dans l'après-midi à Brussels Airport en raison des actions menées par les contrôleurs aériens de Skeyes, a-t-on appris auprès de la compagnie aérienne.

Les dix vols en question concernent des destinations européennes où Brussels Airlines vole plusieurs fois par jour, comme Genève ou Lyon par exemple, ce qui permet de replacer les passagers sur d'autres vols.
    
La compagnie justifie cette décision par les retards qui deviennent trop lourds pour elle. Ceux-ci vont actuellement de 30 minutes à 2h30. Les conséquences se font alors ressentir en cascade et la société a besoin de ces avions pour d'autres vols. Cela lui donne un peu de marge pour faire face aux perturbations.
    
Brussels Airlines se dit fortement touchée par les actions des aiguilleurs du ciel. Sa ponctualité n'était que de 24% mercredi, illustre-t-elle. "Cela signifie que 76% de nos liaisons étaient en retard", souligne sa porte-parole Kim Daenen. Presque 50% des passagers transportés ne sont en outre qu'en transit à Bruxelles et ratent donc leurs correspondances.
    
Tous les vols long courrier sont touchés jeudi matin au départ de Brussels Airport. Ils accumulent chacun plus de deux heures de retard, ce qui a déjà un impact sur la ponctualité de vendredi matin. Les vols intercontinentaux partant en retard n'arriveront en effet pas à l'heure à destination et ne pourront donc pas revenir à temps vendredi matin à Zaventem.

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Une vingtaine de vols retardés à Charleroi
L'action des contrôleurs aériens de Skeyes a entraîné jeudi matin le retard de 17 avions au décollage et de deux appareils à l'atterrissage à l'aéroport de Charleroi (BSCA). Menée entre 6 et 9 heures, elle aura cependant des effets sur l'ensemble des horaires du jour de l'aéroport.

"Dans ce genre de situations, des effets boules de neige sont inévitables", selon le porte-parole de BSCA. D'après Vincent Grassa, un avion basé à l'aéroport qui serait parti avec du retard reviendrait en effet avec du retard également vers Charleroi plus tard dans la journée.

Averties du mouvement d'humeur, certaines compagnies aériennes présentes à Charleroi ont pris des dispositions en modifiant l'organisation de certaines liaisons. Cela a pour effet de limiter les perturbations mais pas de les faire disparaitre, à en croire le porte-parole de BSCA.

"Il faut trouver une solution"

"Il faut maintenant atterrir et trouver une solution", avance Arnaud Feist, a dministrateur délégué de Brussels Airport. "On ne peut pas continuer avec un tel scénario! On est dans l'incertitude totale. Je demande donc clairement une solution rapide pour éviter des actions dans les semaines à venir", alors que se rapprochent les vacances de Pâques.