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Les bureaux de Google à Bruxelles. © 7sur7

Travailler chez Google, le rêve? Immersion dans leurs bureaux à Bruxelles

Pour tenter de comprendre pourquoi tant de gens rêvent de bosser chez Google, on a poussé les portes de leurs bureaux à Bruxelles.

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La salle de jeux où l'on travaille aussi. © 7sur7
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Détente autour du billard. © 7sur7

Bien sûr, le géant américain est une des entreprises les plus innovantes au monde et les projets qui y sont développés chaque jour dessinent le contour de la société de demain. Qui ne rêverait pas de jouer un rôle dans cette évolution? Car c'est bien ça le fondement de Google: recruter des personnalités talentueuses venues de tous horizons et leur donner carte blanche pour développer leurs idées en partant du postulat que rien n'est impossible. Rien que ça! Ajoutez à cela un cadre de travail séduisant fait de salle de détente et de jeux, nourriture gratuite ou cours de yoga proposés pour -ne nous leurrons pas- stimuler la productivité des employés et vous comprendrez mieux pourquoi Google reçoit environ 3 millions de CV chaque année.
 
Salle de sport, billard et repas gratuits
Mais qui mieux que les employés eux-mêmes pour expliquer en quoi consiste leur job chez Google et pourquoi ils l'aiment tant? Nous avons rencontré dans leurs bureaux à Bruxelles quatre d'entre eux, dont Thierry Geerts, directeur de Google Belgique. Sur quoi travaillent-ils? En quoi ce job est-il différent des précédents et que conseillent-ils à ceux qui rêveraient d'être à leur place? Caroline, Clara, Michiel et Thierry ont répondu à nos questions, des étoiles dans les yeux. Car oui, ce n'est pas un mythe: dans leurs bureaux, il y a une salle de sport, une TGIF party le jeudi soir, des M&MS et autres snacks à disposition, une salle de massage, un billard, une bibliothèque et des repas gratuits mais ce qui les motive vraiment, c'est avant tout cette volonté de participer au changement et de "faire quelque chose qui compte" selon leurs mots.

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La salle de détente, vue à travers un aquarium. © 7sur7

Caroline Coesemans, 39 ans. Head of Legal and Public Policy. Chez Google depuis 2012

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Caroline Coesemans, Head of Legal and Public Policy. © 7sur7

Google part du principe que pour développer des produits et services destinés aux gens les plus divers, il est indispensable que cette diversité soit représentée dans le management. Cela semble logique et
pourtant, dans les faits, on en est encore loin. Dans cette optique, Caroline développe chez Google le projet "Women@Google" qui oeuvre à l'égalité homme-femme au sein des entreprises mais aussi de la société dans son ensemble. Son but est de faire disparaître les "manels", c'est-à-dire les panels  composés uniquement d'hommes. Concrètement, quand Google recevra à l'avenir une demande pour envoyer un de ses experts parler à une conférence, elle s'assurera que la parité y est respectée et si ce n'est pas le cas, y enverra une femme (ou un homme, le cas échéant). Pour ce faire, toutes les employées de Google à Bruxelles bénéficient d'un training interne pour être capable de parler en public et gagner en confiance en soi. "C'est une petite pierre apportée à l'édifice, pour inciter les gens à la réflexion", explique Caroline Coesemans. Cette réflexion, elle aimerait la porter jusque dans les universités, afin d'inciter les filles à se tourner vers des carrières d'ingénieur, un métier encore très masculin, pour -qui sait?- rejoindre un jour Google.

Travailler chez Google, un rêve?
Oui! J'ai étudié le droit et fait mon stage au barreau donc ce n'était pas évident d'entrer dans une boîte comme Google. J'ai travaillé dans les télécoms avant de rejoindre Amazon à Paris en gardant toujours Google comme objectif. J'ai finalement réussi à rentrer chez eux, à Paris, avant de revenir au pays.

En quoi Google est-elle une entreprise si différente des autres?
Ici, tu crées tes propres opportunités sans jamais dépendre d'un système ou d'une hiérarchie. C'est à toi de former ta carrière sur base de tes propres intérêts. Et puis, on se sent vraiment valorisé en tant que ressource humaine. C'est un win-win: on travaille dans  environnement agréable et du coup, on est motivé pour faire un meilleur job. C'est tellement facile à mettre en place et évident que je me demande pourquoi les autres boîtes ne le font pas.

Un conseil à donner à quelqu'un qui aimerait rejoindre Google?
Avoir de très bons résultats à l'école et développer une mentalité selon laquelle "tout est possible".

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Les bureaux avec, au centre, une petite salle de réunion inspirée par l'univers de Tintin. © 7sur7

Clara Sommier, 29 ans. Public Policy and Government Relations Analyst. Chez Google depuis 2014

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Clara Sommier, Public Policy and Government Relations Analyst. © 7sur7

Clara fait du lobbying auprès des institutions européennes. C'est elle qui gère les relations avec les parlementaires européens en leur expliquant les produits Google et l'impact des législations sur l'éco-système numérique. Récemment, concernant la problématique des droits d'auteur sur internet, elle a porté à leur connaissance l'outil "content id" sur Youtube qui permet à des artistes de gérer la diffusion de leurs oeuvres sur le web.

Clara Sommier travaille également sur le programme Google Give, "un programme vraiment à part, basé sur le volontariat et révélateur de la culture google", indique-t-elle. Lorsqu'un employé fait un don à une organisation caritative, Google double ce montant. "Dernièrement, Marco, un collègue italien a cuisiné des pâtes al'amatriciana pour récolter de l'argent pour les victimes du séisme en Italie. Google a doublé les fonds récoltés et Marco a ainsi pu envoyer 1000 euros en Italie", raconte Clara. Les employés sont également encouragés à s'investir dans des projets sur leur temps de travail (20h par an), notamment dans les domaines où ils peuvent apporter leur expertise. Il y a peu, une partie des employés de Google Bruxelles a participé au projet "Molengeek" en conseillant de jeunes Molenbeekois désireux de se lancer en tant qu'entrepreneur dans le monde numérique.

Travailler chez Google, un rêve?
A la base, non. Mon rêve était de travailler dans les affaires européennes et je l'ai réalisé en travaillant au Parlement européen. Ce qui a guidé mes choix de carrière, c'était de faire quelque chose qui a un sens et c'est ce qui m'a finalement amenée chez Google.

En quoi Google est-elle une entreprise si différente des autres?
La grosse différence, c'est l'absence de hiérarchie qui permet le développement personnel. On dit très souvent que chez Google, on n'embauche pas pour un poste, on embauche une personne et c'est vraiment ce que je ressens. Je peux apprendre, avoir des opportunités d'aller toujours plus loin en développant mes connaissances, ne fût-ce qu'en échangeant avec mes collègues puisque la hiérarchie entre nous est inexistante. On est aussi encouragé à avoir des idées et à les tester. En arrivant, je ne connaissais pas bien internet et je pensais n'avoir rien à apporter à Google. Mais au contraire, on m'a dit que mon regard neuf allait amener de nouvelles perspectives. Et puis, la nourriture est gratuite (rires).

Un conseil à donner à quelqu'un qui aimerait rejoindre Google?
Etre soi-même et ne pas minimiser l'importance de l'intelligence émotionnelle. Ce n'est pas en écrasant les autres qu'on réussit ici.

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La réception. © 7sur7

Michiel Sallaets, 32 ans, Communications Manager. Chez Google depuis 10 mois

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Michiel Sallaets, Communications Manager. © Google

Comme gestionnaire de communication et porte-parole pour la Belgique et une partie du Pays-Bas, Michiel orchestre la communication externe de Google. Il est souvent amené à travailler avec des journalistes et des b/vlogueurs pour qui il met en oeuvre des actions créatives sur les produits Google comme une conférence de presse sur la digitalisation de la Belgique, un événement sur l'appli Google Photos ou encore, plus ludique, la création d'une escape room (jeu d'évasion) dans les bureaux. Il aide également ses collègues à mieux communiquer à propos de la façon dont la technologie affecte et améliore nos vies et rend la société et l'économie plus efficace. "Et je m'amuse", ajoute-t-il.

Travailler chez Google, un rêve?
Oui c'était un rêve car Google est une entreprise innovante et inspirante. Il n'y a pas de hiérarchie, pas de contrôle, on donne aux gens la possibilité de développer leurs idées. Chaque matin, je me réveille avec le sourire. Bien sûr, je bosse dans la communication et mon job est d'aider à construire une image positive de Google mais je le fais avec mon coeur. Je peux être moi-même en participant à construire un monde meilleur.

En quoi Google est-elle une entreprise si différente des autres?
Ici on est libre d'organiser sa manière de travailler de façon flexible et on nous fait confiance, sans devoir rendre de comptes. Tout le monde travaille ensemble et n'a pas peur de poser des questions. Quand tu as une idée, tu es encouragé à la mettre en oeuvre. Tout le monde te dit: "Super, Michiel! Fais-le!" C'est d'ailleurs comme cela que Gmail a été créé: par un employé de Google qui trouvait sa boîte mail inefficace. Désormais, Gmail est utilisé par un milliard de personnes, c'est incroyable!

Un conseil à donner à quelqu'un qui aimerait rejoindre Google?
Avoir motivation et passion. Moi, je viens de l'enseignement technique. J'ai passé un baccalauréat pour être professeur de sport puis un autre en communication avant de me diriger vers l'université. C'est ma motivation qui m'a amené là où je suis. Il faut aussi être ouvert, savoir écouter et n'avoir pas peur de poser des questions.

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Thierry Geerts, Country Director. © Google

Thierry Geerts, 50 ans. Country Director. Chez Google depuis 2011

Sur quoi travaille Google en Belgique?
Digitaliser la Belgique. Par exemple en travaillant sur une étude sur l'impact de la digitalisation du pays qui montre que l'on pourrait créer 300.000 emplois nets d'ici 2020 si l'on prend les bonnes décisions pour s'adapter au digital. Et aussi en aidant les PME à réussir à toucher les 3 milliards de consommateurs dans le monde. On s'est engagé en début d'année à former 10.000 entrepreneurs en organisant pour eux des ateliers digitaux ainsi que des plateformes de formation en ligne.

En quoi consiste la "culture Google"?
C'est voir une opportunité dans la révolution digitale qui est en train de s'opérer et vouloir avoir un impact sociétal. La culture Google, c'est travailler dans une société innovante, collaborative, être entouré de gens passionnants et se développer soi-même.

Quelle est la valeur commune à tous les employés?
L'envie de faire bouger les choses. C'est pour cela qu'on est obsédés par la digitalisation de la Belgique. Naturellement, si on y arrive, Google va s'y retrouver mais il ne s'agit pas que de faire du chiffre d'affaires: l'idée est avant tout de donner et ensuite d'établir un business model. Tous les collaborateurs ont cette envie de faire bouger les choses et de faire évoluer la société.

Le défaut des autres entreprises dont s'est affranchi Google?
La plupart des entreprises ont été créées dans le monde industriel et possèdent donc des structures et des hiérarchies qui ne sont plus optimales dans le secteur actuel. Dans leur travail, nos employés sont autonomes.

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© Google

Pourquoi tout le monde rêve-t-il de travailler chez Google?
Tout d'abord parce Google est une société qui crée de bons produits que tout le monde utilise: Gmail, Maps, Search, YouTube... Ensuite, il y a cette culture entrepreneuriale, ce souci de l'individu et de développer des talents. Quand quelqu'un postule, on cherche d'abord à savoir s'il est là pour l'emballage cadeau ou le rôle sociétal. Quand une personne est engagée, elle découvre de chouettes bureaux, de la nourriture gratuite, un bon environnement de travail mais on ne fait pas ça pour recruter des gens sinon pour faciliter le travail de nos employés et leur donner envie de se lever le matin.

Comment se déroule la procédure de recrutement?
Chez Google, la sélection est faite directement par les managers qui passent entre 10 et 20% de leur temps à voir des candidats potentiels dont beaucoup arrivent par référence, un canal de recrutement particulièrement efficace. Le candidat passe 4 interviews et soyons francs, nous sommes assez sélectifs. Cela arrive qu'un poste reste ouvert longtemps, jusqu'à ce qu'on soit sûr d'avoir trouvé la bonne personne.

Quels sont les profils recherchés en Belgique?
Au data center de Ghlin, on recherche essentiellement des ingénieurs mais aussi des techniciens. On a d'ailleurs du mal à en trouver car il faut avoir des notions d'anglais. Ici à Bruxelles, on recherche plutôt des profils senior, capables d'aider des entreprises traditionnelles à se digitaliser.

Travailler chez Google, un rêve?
Non. C'est Google qui m'a appelé et j'en suis très honoré mais au début, je me demandais ce que je pouvais leur apporter. J'ai le plus beau métier du monde! C'est très intensif, il y a beaucoup à faire mais c'est passionnant car on a un réel impact sur la société et on innove en permanence.

Un conseil à donner à quelqu'un qui aimerait rejoindre Google?
Plutôt un conseil général: se mettre au digital pour développer sa carrière car il y a un énorme besoin. Malheureusement, notre système de formation n'est pas toujours adéquat, il faut donc prendre ses propres responsabilités pour se former.