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Affaire Séréna: cinq ans de prison ferme pour Rosa da Cruz

Une peine de cinq ans de prison ferme a été prononcée mercredi en appel à Limoges à l'encontre de Rosa da Cruz, la mère de Séréna, le bébé dit "du coffre" resté caché et confiné pendant 23 mois, au prix d'infirmités aujourd'hui permanentes.

La peine prononcée par la cour d’assises d’appel de la Haute-Vienne, après quatre heures de délibérations d’un jury de huit femmes et un homme, à la majorité absolue, est assortie d’un suivi socio-judiciaire de six ans, avec obligation de soins.

La cour d’assises a également ordonné le retrait total de l’autorité parentale à l’accusée, mère de trois autres enfants, sur la petite Séréna. Une peine de “pas moins de 10 ans” de prison avait été requise par l’avocat général. Rosa da Cruz, 51 ans, qui comparaissait détenue, avait été condamnée en première instance en novembre 2018 par la cour d’assises de la Corrèze à cinq ans de prison dont trois avec sursis. Le parquet général avait fait appel de même que Mme da Cruz, notamment de sa déchéance “totale” d’autorité parentale sur Séréna. 

Des problèmes mentaux pour Serena

Pour rappel des faits, en octobre 2013, Rosa-Maria Da Cruz, 45 ans, se rend dans un garage du sud-ouest de la France pour un problème de feux. La-bas, le garagiste découvre dans le coffre de la voiture une enfant de près de deux ans dans un couffin, nue, sale, déshydratée, les yeux se révulsant. On diagnostique chez l’enfant un “syndrome autistique vraisemblablement irréversible” et un “lien de causalité” avec l’isolement vécu par l’enfant. Rosa-Maria Da Cruz aurait dissimulé l'existence de l’enfant à tout le reste de sa famille, à savoir son mari et ses trois autres enfants. 

Le procès avait vu nombre d’experts, psychologues, psychiatres, gynécologue-obstétricien explorer la psyché de la mère. La défense avait invoqué, dans le cas de Mme da Cruz, une “dissociation psychique”, un “déni de grossesse” (le 3e en quatre maternités) suivi d’un “déni d’enfant”, qui l’avait conduite à maintenir l’enfant en vie, tout en lui infligeant maintes privations, le confinement et l’isolement en premier lieu.

À bientôt 8 ans, Séréna a le développement mental d’un enfant de 2-3 ans, et vivra jusqu’à sa majorité au moins entre famille d’accueil et institut spécialisé, ont indiqué les experts au cours des huit jours de procès. “Parce que Séréna est détruite, vous ne pouvez pas la (sa mère) laisser repartir avec un blanc-seing”, avait lancé l’avocat général Claude Derens en demandant une sanction plus lourde qu’en première instance pour punir cette “violence superlative”.