Plein écran
Un A319 de Spirit Airlines, quittant Los Angeles, en 2017 © getty

Attouchements dans un avion, ni victime ni agresseur changés de siège

Le FBI enquête sur une agression sexuelle présumée, commise mardi sur un vol de la compagnie aérienne américaine à bas coûts Spirit Airlines reliant Atlanta à Détroit, un incident suite auquel ni victime ni agresseur n’ont été changés de siège, en dépit de la demande faite par la jeune femme au personnel de bord, relate mercredi la chaîne CNN.

Tia Jackson, une étudiante de 22 ans, voyageait en compagnie d’un ami. La jeune femme était assise au centre de la rangée, et la personne qui l’accompagnait côté fenêtre, tandis qu’un inconnu avait pris place côté couloir central. À un moment, Mme Jackson a mis ses écouteurs et s’est endormie, appuyée sur son ami, tournant le dos à l’autre passager. Peu avant l’atterrissage, elle a senti être touchée, croyant d’abord à un petit coup involontaire. Mais le geste a changé et la main de l’homme est entrée dans le pantalon de la jeune femme. La victime a immédiatement bondi et poussé sur le bouton d’appel, demandant à son agresseur d’arrêter.

Mme Jackson a rapporté l’incident à l’hôtesse, qui lui a proposé de changer de siège, ce qu’elle a refusé, ne voulant pas quitter son ami et ayant en outre le sentiment d’être punie pour ce que lui avait fait. “Il m’a touché le cul! Il doit être déplacé”, a-t-elle protesté, mais sans succès. Aucun des passagers impliqués n’a finalement bougé.

En quittant l’avion, la victime a parlé au pilote, qui l’a renvoyée vers l’agent au sol. Se sentant ignorée et maltraitée par la compagnie, Mme Jackson s’est tournée vers la police. C’est finalement le FBI qui enquête sur l’affaire.

Tia Jackson a tenu à s’exprimer car elle veut éviter que l’homme puisse faire d’autres victimes. “Il doit être tenu responsable. C’est un prédateur. Il montre un comportement de prédateur. Qui sait à qui il s’en est déjà pris? Je veux que personne d’autre ne soit sa victime”, a souligné la jeune femme. “Ils l’ont laissé partir, ainsi que les témoins potentiels”, a-t-elle regretté de la part des employés de la compagnie.

“Nous prenons cette déclaration au sérieux et sommes en contact direct avec la passagère. Nous remercions notre équipage pour l’assistance rapide et professionnelle pour faire face à la situation”, a réagi Spirit Airlines dans un communiqué. “Nos hôtesses à bord de ce vol ont été informées de l’incident 18 minutes avant l’atterrissage, quand la passagère a pressé le bouton d’appel et a reçu une attention immédiate. Quand elle a parlé à l’hôtesse venue à elle, celle-ci l’a dirigée vers un autre siège. L’équipage voulait la déplacer elle, et non lui, car cela l’aurait laissé entre un siège vide et l’allée centrale”, selon la compagnie, insistant sur l’atterrissage imminent. “Les forces de l’ordre ont commencé leur enquête immédiatement après l’arrivée du vol”, a conclu Spirit Airlines, affirmant leur offrir tout son soutien.