Rosa B.
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Rosa B. © BVDH

Cinq ans pour avoir tué son beau-fils de trois ans car il refusait ses macaronis

Rosa B., une mère de famille de 28 ans, a été condamnée par le tribunal correctionnel du Limbourg à une peine ferme de cinq ans de prison pour avoir battu à mort le fils de son compagnon. Il n’avait que trois ans. 

Les faits remontent au 30 mars 2016. Alors que son partenaire travaillait à la base militaire américaine de Kleine-Brogel, Rosa B. reste en compagnie de leur fille et du fils de 3 ans de son ami. La famille recomposée vivait sous le même toit depuis début 2015. Lors des faits, la jeune femme se sentait très mal: “Je ne m’étais pas encore remise de mon accouchement récent et je luttais contre des pensées très noires. Je me demandais pourquoi rien n’allait dans ma vie et pourquoi personne ne m’écoutait jamais. C’est pour cela que je m’énervais pour rien sur les enfants”, a-t-elle reconnu à l’audience. 

“Cinq ou six coups, mais il s’est relevé”

C’est lorsque le petit garçon a refusé de manger son assiette de pâtes qu’elle lui avait préparée que la belle-mère a “explosé”. “Je lui ai donné cinq ou six coups au niveau du ventre, il est tombé, mais s’est relevé avant de se mettre à pleurer”, se souvient-elle.

Vers 17h30, le père de l’enfant rentre chez lui pour une douche rapide avant de repartir. À cet instant, l’enfant souffre de graves blessures sur son lit, mais le papa n’imagine pas ce qui est arrivé et ne va pas dans sa chambre. C’est à son départ que Rosa B. réalise la gravité de son geste. “C’était comme si je me réveillais et que je ne comprenais pas comment c’était arrivé. J’ai su qu'il fallait faire quelque chose, mais je n’ai pas eu la force d’agir”, justifie-t-elle. Finalement, elle appelle les secours et son compagnon. “J’espérais juste que cela se termine bien, je ne pouvais pas revenir en arrière”, résume-t-elle.

Aveux devant le père

Le père arrive en premier et tente de réanimer l’enfant, entre-temps inconscient. Les secours prennent le relais, en vain. À l'hôpital, les urgentistes constatent les ecchymoses dans la région abdominale de la victime. Des hémorragies internes sont relevées à l’autopsie et un juge d’instruction met la jeune femme en détention. Ce n’est que le 8 novembre 2016, après des mois à prétendre qu’il avait fait une chute, qu’elle avoue en prison au père de l’enfant les coups mortels sur son beau-fils. Elle reconnaît alors que les coups dataient de bien plus tôt dans la journée et qu’elle n’a pas prévenu à temps. “Si elle avait réagi plus vite, le petit garçon aurait encore pu être sauvé”, a martelé le procureur au procès. 

Rosa B. comparaissait donc pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. “Durant l’enquête, elle avait exprimé qu’à l’époque, elle considérait l’enfant comme l’incarnation du mal et qu’elle y était confrontée au quotidien. Je suppose que la violence était de mise à l’époque”, a résumé le ministère public en requérant huit ans de prison ferme. 

“Mon client vit dans la culpabilité”

La mère du petit garçon s’est constituée partie civile avec d’autres membres de la famille proche de l’enfant. Elle demandait au père réparation à hauteur de 10.000 euros pour la mort de leur enfant. “Mais mon client a vécu le plus tragique qu’un être humain puisse subir”, a plaidé son avocat. L’ex-partenaire de Rosa B. a cependant reconnu qu’il avait auparavant constaté que l’accusée n’avait jamais témoigné le même amour pour le petit garçon que pour ses propres enfants. “Il vit toujours, à tort, avec un sentiment de culpabilité car ce jour-là, il n’est pas allé vérifier dans la chambre de son fils s’il allait bien”, a-t-il poursuivi. 

Aujourd’hui, Rosa B. est libre et travaille cinq jours par semaine dans une usine. Elle passe ses week-ends dans sa famille ou chez ses amis et suit une thérapie. Elle n’a pas de nouveau partenaire. Elle a le droit de voir son fils, né d’une précédente relation, toutes les deux semaines mais sa fille a rejoint le pays natal de son père, les USA, depuis la mort de son demi-frère. Son avocat a résumé: “De cette histoire, il ne reste que des vies brisées. Ma cliente avait la famille dont elle avait rêvé et par sa faute, tout lui a échappé”. La détention immédiate n’a pas été suivie mais le juge a prononcé une peine de cinq ans ferme.