Plein écran
Jason à Marcinelle en Montagne © Google, Valérie Krutt

“Coup de balayette et coups de poing” d’un éducateur sur des enfants en classe de neige

InterviewMarcinelle en Montagne est une initiative appréciée dans la région de Charleroi. Elle permet aux élèves des écoles communales de Charleroi, des écoles libres et de la Fédération Wallonie-Bruxelles présentes sur l’entité de Charleroi de partir au Mont Blanc entre les mois de janvier et mars. Mais cette année, un sérieux incident vient entacher le bon déroulement des opérations.

Des agressions verbales et physiques sur des enfants à Marcinelle en Montagne. C’est ce dont est accusé l’un des stagiaires éducateurs d’une école qui travaille en partenariat avec la Ville de Charleroi.

“La directrice de l’école m’a contactée par téléphone ce jeudi 16 janvier 2020 à 15 heures pour m’informer que nos enfants avaient été victimes d’agressions verbales de la part d’un animateur sur place et que celui-ci avait été écarté des enfants”, nous explique la maman de Jason (11 ans), Valérie Krutt.

Réunion

Comme tous les parents concernés, Valérie Krutt a été invitée dans la soirée à une réunion au sein de l’école de son enfant, Marcinelle-Centre. Trois membres de la Ville de Charleroi étaient également présents. “Lors de cette réunion, ils ne savaient pas nous dire quels enfants étaient concernés mais que chaque enfant allait nous appeler via l’institutrice.”

Aussitôt dit, aussitôt fait: “À un moment donné, un parent a reçu l’appel de sa fille via le téléphone de l’institutrice. Elle lui a dit qu’elle avait entendu les agressions verbales, mais qu’elle n’avait pas été frappée. C’est seulement à partir de là que nous avons été avertis des coups portés sur certains enfants.  Suite à ce témoignage, les responsables ont bien dû avouer que des violences physiques avaient eu lieu. Mais ils n’ont pas voulu en dire davantage.”

Coups

Ce n’est qu’un peu plus tard qu’elle a appris que son garçon faisait partie des victimes: “Nous avons dû attendre la soirée pour que notre fils ainsi que son institutrice nous confirme qu’il avait reçu un coup de balayette et que tous ceux de sa chambre avaient été frappés. Un enfant avait même reçu des coups de poing.”

Le contact téléphonique qu’elle a eu avec Jason n’a rien fait pour la rassurer: “Notre fils, qui semblait déjà parler comme un robot, a coupé court à la conversation. Nous n’avons plus eu droit qu’à des: ‘Oui, non, bon maintenant, je raccroche car je vais manger.’

Et ses critiques ne s’arrêtent pas là: “Mon fils a reçu un coup de balayette et n’a pas été vu par une personne du corps médical. Donc, pas de certificat médical attestant de son état physique et mental!”

Plaintes

L’institutrice de Jason aurait déposé une plainte auprès de la gendarmerie française: “Mais nous n’en avons pas la certitude étant donné que nous n’avons pas reçu de copie de leur déposition. Jason a été entendu par la gendarmerie française sans que nous en soyons avertis et nous n’avons pas reçu de copie de son témoignage.”

De son côté, Valérie Krutt s’est rendue dès le lendemain au commissariat de Marcinelle: “J’ai contacté la police de Marcinelle au matin et elle m’a demandé de venir le plus rapidement possible afin d’entamer les procédures et de prendre contact avec la gendarmerie française. À 11h30, lors de mon arrivée au bureau, on m’a stipulé que ma plainte ne servirait à rien et qu’elle ne serait pas transmise au Procureur du Roi tant que mon fils n’était pas de retour et qu’il n’avait pas été entendu en Belgique.”

Inquiétude

En attendant, elle reste avec beaucoup de questions en suspens: “L’institutrice a écrit sur Facebook: ‘Je vous promets que je fais mon maximum pour que ces deux premiers jours ne gâchent pas leur séjour!’ Cela signifie-t-il que les agressions ont débuté dès le début du séjour? Nous n’en savons pas plus.”

Partis le lundi 13 janvier dernier, Jason et ses camarades doivent rentrer mercredi dans le courant de la soirée. En cas de besoin, le service d’aide aux victimes de l’école se tiendra à leur disposition.

Pour le reste, une nouvelle réunion est prévue avec la Ville de Charleroi le lundi 27 janvier. À cette occasion, toutes les démarches utiles seront communiquées aux parents dans l’optique du dépôt d’une plainte.