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Photo d’illustration. © Getty Images/iStockphoto

Des gardés à vue atteints du Covid-19 libérés car les policiers refusent de les escorter

Le 19 mai dernier, un couple atteint par le Covid-19 a été arrêté à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, pour une grosse escroquerie, rapporte Le Parisien. Le conjoint aurait réceptionné de la marchandise en provenance de Belgique via une commande émise par une société fictive qui ne payait jamais sa dette. Après 20 heures au dépôt, les deux individus ont été relâchés, car des policiers ont refusé de les escorter chez le juge des libertés et de la détention.

Depuis quelques semaines, beaucoup de personnes placées en garde à vue ont indiqué être contaminées par le Covid-19. Pour la plupart, ceci était juste une ruse pour éviter le passage au commissariat ou au palais de justice. Pour un couple accusé d’escroquerie, ça ne l’était pas. 

En effet, lors de la perquisition à leur domicile ce mardi, la police a découvert que la conjointe était malade et en quatorzaine. Cette soignante venait d’être testée positive au coronavirus. Malgré tout, les forces de l’ordre lui ont demandé de s’habiller avant de l’emmener au commissariat avec son conjoint, présentant de fortes suspicions de Covid. Le couple a alors été placé en garde à vue.

L’homme âgé d’une trentaine d’années est suspecté d’avoir pris une part active dans l’escroquerie. De son côté, la conjointe se voit reprocher “un vol de trois cocottes-minute et une batterie externe”. 

Délai légal dépassé

Après leur garde à vue, les deux amoureux ont été déférés au tribunal de Bobigny dans l’attente de l’audience devant un juge des libertés et de la détention. Pendant ce temps, ils ont été placés au dépôt dans des cellules individuelles. 

En pleine pandémie, une seule personne par cellule est autorisée. Le couple a passé près de 20 heures au dépôt, le maximum autorisé par la loi, précise le quotidien français. Au moment d’être amené devant le juge, les policiers en charge de les escorter ont refusé de le faire. 

Le délai légal ayant été dépassé, ils ont été remis en liberté. “C’est bien que des fonctionnaires aient dit non. C’est absurde de faire rentrer le virus dans un commissariat et dans un palais de justice. Le parquet marche sur la tête en déférant une personne placée en quatorzaine, inconnue de la police et suspectée d’un simple recel de cocottes-minute!”, a déclaré Yves Levano, leur avocat.

L’ensemble du dépôt va être désinfecté. “En ce moment, tous les box sont nettoyés tous les jours mais pas désinfectés”, a indiqué Virginie Marques, avocate de permanence. Selon elle, une des cellules a déjà été condamnée pour cause de gale.

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