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Pedro et Gaby avaient monté leur propre affaire de voitures exclusives de seconde main © Marc De Roeck/DR

Deux frères se crashent en Porsche: “Il aimait rouler vite mais connaissait sa voiture par cœur”

Alors que la commune de Wijnegem (province d’Anvers) vient d’obtenir la promesse de voir installer un dispositif de contrôle de trajet sur la “route de la mort”, deux frères y ont été victimes d'un crash d’une extrême violence ce vendredi. La Porsche 911 turbo de Pedro, 44 ans, et Gaby, 39 ans, a été littéralement sectionnée lors de l’impact contre un arbre. L’aîné lutte pour sa vie sur son lit d’hôpital tandis que le cadet a été tué sur le coup. Ensemble, ils avaient une affaire de voiture de luxe d’occasion. “Oui, ils aimaient les voitures puissantes, mais ils les connaissaient de A à Z”. 

L’expérience n’aura pas suffi. Pedro et Gaby Ferreira Gato ont encaissé un choc terrible lorsque leur bolide a percuté un arbre sur la Houtlaan à Wijnegem, hier en pleine journée. Les deux frères étaient sur le chemin du retour de leur garage Pedromotors à Deurne où ils revendent des voitures de luxe, principalement des BMW. Hier midi, Pedro, l’aîné, était au volant de la Porsche 911 turbo lorsque, après avoir passé le pont qui enjambe le canal Albert à Wijnegem, il a perdu le contrôle de son véhicule. La voiture était élancée à très vive allure lorsqu’elle a heurté plusieurs arbres. 

“La voiture s’est décomposée en trois gros morceaux lors du choc”, explique Bart Verheyen de la zone de police Minos. “Des dizaines de débris ont atterri jusqu’à 150 mètres de l’impact”. Gaby n’a pas survécu et son frère luttait encore pour sa vie à l’hôpital hier soir. Un expert automobile a été chargé d’enquêter sur les causes précises de l’accident. 

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La voiture s'est décomposée en plusieurs morceaux, des débris ont été retrouvés à 150 mètres de l'impact © Marc De Roeck

Publications Instagram

On sait que la vitesse est en cause. Les partenaires professionnels des deux frères reconnaissent d’ailleurs que Pedro, le défunt, aimait appuyer sur l’accélérateur. Il ne s’en cachait pas, comme le montrent plusieurs publications Instagram où il roule à tombeau ouvert sur des routes isolées ou des zones industrielles désertes. “Le type de voitures qu’ils vendaient, ça ne se négocie qu’avec des chauffeurs qui aiment la conduite sportive”, explique un associé. “Pedro en faisait partie, mais il connaissait ses voitures vraiment par coeur”. 

D’un point de vue professionnel, les deux frères étaient en équilibre: l’un à la vente, l’autre à l’entretien et aux réparations. Depuis plus de vingt ans, Pedromotors était une référence et une valeur sûre dans la région. 

La route où l’accident s’est produit est également mise en cause dans ce drame. La Houtlaan est mieux connue sous le nom de “route de la mort”. Il y a deux ans, deux quadragénaires se sont tués, eux à bord d’une Porsche 964, juste après le pont du canal. Le chauffeur avait perdu le contrôle de son véhicule car le revêtement est légèrement en pente depuis que le pont du canal Albert a été surélevé d’un mètre. 

Dénivelé pas en cause, mais...

“Ce dénivelé ne peut pas avoir causé l’accident des frères Ferreira Gato”, tempère cependant le bourgmestre de la ville, Ivo Wynants (N-VA). “La Porsche se déportait déjà avant le pont. C’est une vitesse inadaptée qui a ici été déterminante. Sur la Houtlaan, le seuil de 90 km/h ne doit pas être dépassé mais les voitures roulent beaucoup plus vite car la route est large. La police y opère régulièrement des contrôles de vitesse mais ce n’est pas une solution à long terme. Je supplie depuis six ans pour un dispositif de contrôle de trajet. La police fédérale m’a enfin informé la semaine dernière que les plans sont prêts”, affirme le bourgmestre.