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Image de l'auteur présumé de la fusillade à Halle, en Allemagne. © RV

Deux morts dans une fusillade près d’une synagogue en Allemagne, le suspect n’était pas connu de la justice

MISE À JOURDeux personnes ont trouvé la mort mercredi dans une fusillade qui a éclaté à Halle, en Allemagne. L’hôpital annonce également deux blessés graves. Plusieurs assaillants se sont échappés en voiture, a indiqué une porte-parole de la police locale. Une personne a été interpellée, a annoncé la police sur Twitter. Selon la communauté juive au Spiegel, la synagogue était visée par les tireurs. Le parquet antiterroriste a été saisi.

"Deux personnes ont été tuées à Halle, selon les premières constatations. Plusieurs coups de feu ont été tirés. Les auteurs présumés se sont enfuis à bord d'un véhicule", a annoncé la police sur Twitter peu après 13h, demandant aux "habitants de rester chez eux".

“Un patient opéré”

Deux personnes ont été blessées et ont été emmenées à l’hôpital universitaire situé dans l’est de la ville, indique le porte-parole de l’établissement hospitalier. Un patient a des blessures par balle et est actuellement opéré”, a précisé Jens Mueller, refusant de donner des détails sur l’identité des blessés.

Un suspect allemand arrêté

L’unique suspect arrêté est allemand et n’était pas connue des services de police, selon des sources des services de sécurité citées par Der Tagesspiegel. Il ne serait pas musulman. D’après le site internet du Leipziger Volkszeitung, il est grièvement blessé et subit une opération chirurgicale. 

Des engins explosifs devant la synagogue

Des engins explosifs artisanaux ont été placés devant la synagogue attaquée, ont confié des sources sécuritaires à l’agence de presse allemande DPA. L’auteur a tenté d’entrer dans le bâtiment et plusieurs coups de feu ont été tirés, toujours selon ces mêmes sources.

La police de Halle a levé l’alerte.

Trois attaques distinctes

Le parquet antiterroriste allemand a indiqué s’être saisi de l’enquête. Cette juridiction a justifié auprès de l’AFP cette démarche par “l’importance particulière de l’affaire” qui concerne des “crimes violents affectant la sécurité intérieure de la République fédérale d’Allemagne”. La décision a été prise en raison de l’intérêt “particulier” de l’affaire”, explique le parquet de Karlsruhe. Les autorités décrivent cependant toujours cet événement comme un “Amoklauf” (un acte de violence commis avec frénésie), et non comme un acte terroriste. 

Les autorités locales évoquent actuellement trois attaques distinctes: “Dans un restaurant de kebab, dans le cimetière juif de la ville où une grenade a été lancée et devant la synagogue de Halle.” Ces attaques ont été perpétrées par au moins deux individus, armés et vêtus de tenues militaires.

Une synagogue visée

Les tireurs ont tenté en milieu de journée de pénétrer dans la synagogue du quartier Paulus, où étaient réunies, en ce jour de fête religieuse juive, “70 à 80 personnes”, a indiqué le président de la communauté juive de Halle, Max Privorotzki, dans le quotidien Stuttgarter Zeitung.

“Nous avons vu à travers la caméra de notre synagogue qu’un agresseur lourdement armé, avec un casque en acier et un fusil, a tenté d’ouvrir nos portes”, a-t-il témoigné. Le ou les auteurs ont également tenté de tirer sur la porte du cimetière juif mitoyen, a poursuivi le président.

Une grenade aurait explosé

Plusieurs personnes ont également fait état de tirs, dont un de grenade, visant un restaurant turc de kebab. “Un tireur portait un casque et des habits militaires”, a témoigné un homme, qui était à l’intérieur, sur la chaîne d’information NTV.

“Il a jeté une grenade sur le local. La grenade s’est écrasée sur la porte et a explosé”, a ajouté ce témoin, encore sous le choc. “L’homme a ensuite tiré au moins une fois dans le magasin, l’homme qui était assis derrière moi a dû mourir. Je me suis caché dans les toilettes et j’ai verrouillé la porte”, a-t-il raconté.

Sur une vidéo amateur reprise par de nombreux médias et montrant manifestement un extrait de l’assaut, un homme casqué, habillé en kaki et muni d’une ceinture de munitions, d’apparence calme, tire au fusil d’assaut en pleine rue, à proximité d’une voiture. Il s’effondre ensuite et reste quelques secondes à terre, avant de remonter dans le véhicule et de partir.

Tout le quartier a été bouclé et la gare centrale de la ville de Halle (Land de Saxe-Anhalt) est fermée dans le cadre des recherches policières, a signalé l’opérateur ferroviaire Deutsche Bahn.

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Sécurité renforcée autour des synagogues

Des tirs ont également été échangés à Landsberg, ville proche de Ha a signalé unlle,e porte-parole de la police sans donner davantage de détails.

La police était présente en nombre mercredi après-midi à Wiedersdorf, un hameau de la commune de Landsberg, dans l’est de l’Allemagne, rapportent plusieurs médias allemands. 

Après la fusillade, la police a renforcé sa présence autour des synagogues de Berlin, Dresde et de Leipzig, au sud-est de la ville de Halle. Des témoins oculaires rapportent qu’au moins cinq policiers se tiennent à côté du bâtiment à Leipzig, armés de mitrailleuses. 

Contrôles renforcés dans les gares et aéroports

Des contrôles renforcés ont été mis en place mercredi après-midi dans les aéroports et les gares du centre de l’Allemagne, a indiqué sur Twitter la police de cette région du pays réunissant les États de Saxe-Anhalt, de Saxe et de Thuringe. Cette mesure s’applique également aux routes menant à la Pologne et à la République tchèque.

L’Onu condamne la “tragique” attaque

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a condamné avec force  l’attaque, selon une déclaration de son porte-parole.

C’est “encore une démonstration tragique d’antisémitisme”, a-t-il déploré. “Les lieux de culte du monde entier doivent être des refuges pour la réflexion et la paix, pas des sites d’effusion de sang et de terreur”, a ajouté Antonio Gutteres.

Onde de choc

Cette attaque intervient quelques mois après le meurtre, en Hesse, de Walter Lübcke, un élu pro-migrants du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel (CDU). Le principal suspect est un membre de la mouvance néonazie.

Cette affaire a créé une onde de choc dans le pays, où l’extrême droite anti-migrants enchaîne les succès électoraux. Elle a réveillé la crainte d’un terrorisme d’extrême droite à l’image de celui du groupuscule NSU, responsable de l’assassinat entre 2000 et 2007 d’une dizaine de migrants.

Il y a eu nombre de précédents violents: un attentat au couteau contre la maire de Cologne Henriette Reker en 2015, et deux ans plus tard contre le maire d’Altena Andreas Hollstein. Tous deux en réchappent de justesse. Tous deux défendaient une politique d’accueil généreuse des migrants, comme Walter Lübcke.

Ou encore les meurtres perpétrés par le groupuscule néonazi allemand NSU, responsable du meurtre d’une dizaine d’immigrés en Allemagne au début des années 2000.

L’Allemagne est confrontée à “une nouvelle RAF”, une “RAF brune”, estime le Süddeutsche Zeitung, en référence au groupe terroriste d’extrême gauche Fraction armée rouge, actif entre 1968 et 1998.

Plus de 12.700 extrémistes de droite jugés dangereux sont recensés par les autorités.

Les autorités allemandes sont également sur le qui-vive après plusieurs attaques jihadistes ces dernières années. La plus meurtrière a été commise en décembre 2016, lorsqu’un Tunisien, Anis Amri, a foncé sur un marché de Noël de Berlin au volant d’un camion volé, tuant douze personnes.

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