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En raison des années de harcèlement, la call-girl a été admise à l'hôpital plusieurs fois. Elle souffre de stress post-traumatique. © RV

Deux politiciens flamands filmés chez une prostituée

Une prostituée s’est retrouvée coincée au milieu d’un chantage où l’on menaçait de révéler des vidéos d’elles et de ses clients. Parmi eux, figuraient un bourgmestre et un membre du Parlement flamand. 

Aujourd’hui, à Malines, s’ouvre le procès du gérant d’une société de jardinage. Durant cinq ans, ce dernier a eu une relation avec une prostituée de luxe, habitant à Duffel. Il avait à l’époque 52 ans et elle, 27. En 2015, les enfants de l’horticulteur ont découvert l'infidélité de leur père et en ont parlé à leur mère. 

L’épouse de l’horticulteur a alors adressé plusieurs SMS menaçants à la call-girl. Dans les mois qui suivirent, elle passa à la vitesse supérieure en l’avertissant qu’elle irait distribuer des photos d’elle nue autour de sa maison. L’affaire s’est envenimée au moment où le couple a porté plainte à la police car la prostituée n’avait pas réglé une facture de près de 60.000 euros. L’horticulteur lui avait, en effet, construit un atelier de jardin.

Clé USB

Quelques semaines plus tard, l’horticulteur s’est rendu chez la prostituée pour exiger, devant témoins, qu’elle lui verse 10.000 euros, au plus tard pour le 20 août 2015. Elle n’a pas ouvert et a donc reçu dans sa boîte aux lettres des photos d’elle nue avec son numéro de téléphone et son nom. La boîte contenait également une clé USB avec des vidéos intimes d’elle et de ses clients. D’après elle, l’horticulteur aurait eu accès à ces images durant les heures où il installait l’atelier chez elle.

Des vidéos compromettantes sont ensuite arrivées chez sa mère, ses voisins, mais aussi la crèche où la call-girl avait inscrit son fils. Des photos auraient même été vues dans un bus. Le couple a ensuite créé un faux profil Facebook avec son vrai nom et des images d’elle nue. Un message indiquait qu’elle exerçait le métier de call-girl depuis ses dix-huit ans et qu’elle gagnait 300 euros l’heure. 

“Très drôle”

Finalement, la prostituée a décidé de porter plainte contre le couple. Le 20 mars 2017, la femme de l’horticulteur a été entendue concernant des accusations de vol, d’extorsion, de menaces, de diffamation, de publicité malveillante, d’arnaques et de violations de la législation sur la protection de la vie privée. Lors de son entrevue à la police, elle a qualifié tous ces actes de “très drôles”. La prostitution étant le métier de la femme avec qui son mari avait eu une relation, elle ne voyait pas en quoi ses messages constituaient des calomnies.

En précisant qu’il avait honte d’avoir fréquenté une prostituée, l’horticulteur s’est défendu en signalant à la police que plusieurs caméras étaient posées dans le studio et qu’il s’agissait-là d'une manière d’extorquer les clients.

Des politiciens filmés

L’enquête a révélé que l’horticulteur a mis la main sur la liste des clients de la call-girl et qu’il a menacé plusieurs personnes de révéler des images compromettantes. Le bourgmestre de la ville figurant parmi les clients, ce dernier a souhaité participer à l’enquête afin d’éviter que les images ne sortent au grand jour. Un autre politicien, membre du Parlement flamand, a été visé.

Les avocats de la prostituée ont précisé que les trois caméras posées chez elle, dans l’entrée, dans le couloir et dans le salon, n’avaient été placées là que pour assurer sa sécurité et non pour extorquer ses clients. Suite aux années de harcèlement, la jeune femme est aujourd’hui à l’hôpital pour suivre un traitement neurologique, dû au stress post-traumatique. 

Cinq ans de prison

L’horticulteur risque cinq ans de prison pour tentative d’extorsion. Son épouse risque deux ans de prison pour harcèlement.