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Le centre de détention d'Argentan © Google Street View

En couple avec un détenu, la surveillante est téléguidée par son conjoint: “J’avais une oreillette”

FranceAmoureuse d’un détenu, une surveillante de prison française, officiant dans un centre de détention de l’Orne, a enfreint les règles de l'établissement pour fournir, notamment, des cartes SIM et téléphones portables à son conjoint. Sous emprise, la quadragénaire portait en permanence une oreillette qui permettait à sa moitié de lui dicter sa conduite, rapporte Ouest-France. 

Les vacances d'été terminées, Stéphanie (NDLR: prénom d’emprunt) retrouve son poste de surveillante pénitentiaire au centre de détention d’Argentan. La quadragénaire exerce la profession depuis 17 ans, mais cette rentrée n’est pas semblable aux précédentes. La mère de famille tombe sous le charme d’un détenu et entame une relation avec lui. 

“Le 13 septembre, il m’a dit qu’il m’aimait”, raconte Stéphanie devant le tribunal correctionnel d’Argentan. “Pour faire plaisir” à son compagnon, elle fait entrer dans l'établissement trois cartes SIM, cinq téléphones portables et fait transiter une somme de 4.000 euros. Elle accepte également de se convertir à l’islam. “Ce n’est pas mon monde, je n’aurais pas fait la prière”, assure-t-elle, appelée à se défendre dans le cadre d’une comparution immédiate. 

Pour conserver une emprise constante sur Stéphanie, le détenu la commande à distance grâce à une oreillette. “Je l’avais tout le temps”, confie-t-elle. “Il me disait : “Tu vas là, tu t’arrêtes là.”

“Elle vit en permanence téléguidée”, résume son avocate, des propos relayés par Ouest-France. “Ce n’est qu’en garde à vue, ce week-end qu’elle a pu enfin dormir.”

“Je n’arrivais pas à poser l’oreillette”

Le président lance alors à la prévenue: “Jamais, vous ne vous dites : ‘Je la pose, cette oreillette?”. “Je n’y arrivais pas”, rétorque-t-elle. 

Le détenu, condamné antérieurement pour des agressions sexuelles et un viol, a confirmé le récit de la surveillante pénitentiaire et présenté ses excuses devant les juges. “Je regrette énormément ce qui s’est passé.”

Il est condamné à deux ans de prison. Le procureur avance  qu”il “a déjà tenté de convertir d’autres femmes de l’univers carcéral” et que “derrière ces trafics en détention, il y a une somme incroyable de souffrances”, référence aux  “acheteurs qui se ruinent” et aux passeurs victimes de “pressions incroyables”. 

Stéphanie a écopé de six mois de prison ferme avec mandat de dépôt,  sa peine est aménageable précise le quotidien français.