Francis Kaiser avait déjà fait plusieurs tentatives de suicide

Francis Kaiser (59 ans) a reconnu lundi lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Liège avoir commis l'homicide volontaire de Christine Dupont. L'accusé a réaffirmé qu'il avait étouffé sa compagne dans un projet de suicide commun mais qu'il n'avait ensuite pas eu le courage de se jeter sous un train.

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Lors de son interrogatoire par le président Philippe Gorlé, Francis Kaiser a retracé les différentes étapes de sa vie. L'accusé avait trois frères, dont un s'est suicidé à l'âge de 32 ans. Francis Kaiser a révélé qu'il avait interrompu ses études à l'âge de 18 ans pour aider ses parents financièrement. Marié une première fois, il avait eu une fille. L'accusé a occupé différents emplois, dont celui de secrétaire dans une entreprise, d'employé de gardiennage et de réceptionniste dans un hôtel de Spa.

En 1984, Francis Kaiser a été renversé par une voiture. Il avait effectué une première tentative de suicide en 1995, à mettre en rapport avec la période correspondant à son divorce, mais dont il affirme ne plus se souvenir de la cause exacte. En 2003, l'accusé a effectué une autre tentative de suicide en projetant de se jeter sous un train mais il y avait renoncé au dernier moment.

Après le décès d'une compagne à la suite d'une pneumonie fulgurante, Francis Kaiser a noué une relation avec Christine Dupont en 2016, dont il avait déjà fait la connaissance 26 ans auparavant. Le couple a entamé sa liaison alors que Christine Dupont venait d'hériter de 17.000 euros. Ce capital a été épuisé en trois mois. "Elle faisait d'importants achats et payait tout. Mais je n'étais pas informé de cet héritage", a soutenu Francis Kaiser.

L'accusé a affirmé n'avoir pas réalisé immédiatement que Christine Dupont souffrait d'un problème d'alcoolisme. Il avait rompu avec elle en décembre 2016 et l'avait mise à la porte, l'obligeant à dormir quelques jours dans sa voiture. Christine Dupont a rejoint ensuite un logis pour femmes seules avant de renouer avec Francis Kaiser.

“Nous étions dans notre bulle suicidaire”

Francis Kaiser a expliqué que la situation financière du couple s'est aggravée lorsqu'il a été sanctionné par l'Onem. "Nous dépensions beaucoup en boissons, puisque je m'étais mis à boire aussi avec Christine Dupont. Nous avons commencé à parler de suicide. On ne cherchait plus à s'en sortir, car nous étions dans notre bulle suicidaire. On végétait, on parlait de suicide, on ne travaillait pas et on jouait à la loterie dans un espoir vain. Mais on voulait vraiment partir", a soutenu l'accusé.

Selon Francis Kaiser, la cause fondamentale de leur décision de suicide commun repose sur ces difficultés financières. Le couple a quitté son appartement le 31 juillet et a réservé une chambre à l'hôtel pour quatre nuits. Différents modes de suicides par pendaison, précipitation sous un train ou intoxication aux gaz d'échappement ont été envisagées.

"Nous n'avions pas envie de finir comme des SDF. Le jour des faits, j'ai proposé de l'aider à mourir avant d'aller me jeter sous un train. Elle a absorbé des médicaments et de l'alcool. Elle a mis un sachet sur sa tête mais cette première tentative a échoué. Il fallait réussir car on devait quitter les lieux à 11h00. Elle a mis une bande adhésive sur sa bouche, a mis un sachet sur sa tête et m'a demandé un collier Colson. Elle m'a demandé de le serrer plus fort et ne s'est pas débattue. Cela a duré une éternité. J'étais à califourchon sur elle et j'ai lâché mon étreinte quand j'ai vu ses mains changer de couleur", a détaillé Francis Kaiser.

Après les faits, Francis Kaiser avoue qu'il n'a pas eu le courage de se suicider. La présence de la foule à la gare des Guillemins l'aurait fait changer d'avis. "Je demande pardon à Christine Dupont car elle m'attend là-haut et je n'ai pas tenu ma parole de la rejoindre. C'est la seule chose que je regrette. Elle est bien et en paix là où elle est", a ajouté l'accusé.

La fin de la première journée du procès a été consacrée à la présentation de l'exposé des enquêteurs.

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