Un  Verviétois de 23 ans risque quatre ans de prison ferme pour traitements inhumains envers sa compagne (illustration).
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Un Verviétois de 23 ans risque quatre ans de prison ferme pour traitements inhumains envers sa compagne (illustration). © Getty Images/iStockphoto

Il fouette sa femme sous les yeux de sa petite fille

VerviersLe parquet de Verviers a requis mercredi devant le tribunal correctionnel une peine de quatre ans de prison ferme à l'encontre d'un Verviétois de 23 ans poursuivi pour traitements inhumains envers sa compagne en date du 22 juin 2019. Le jeune homme s'était emparé, lors d'une dispute, d'un câble électrique pour la fouetter.

Le jour des faits, le Verviétois était passé au domicile de sa compagne afin de passer une soirée en famille, le couple ayant deux enfants: l'un âgé d'un an et l'autre de trois semaines à peine. En cours de soirée, il est parti "chercher du poisson" et sa compagne avait dû contacter un ami afin qu'il rentre à la maison, ce qu'il fit sur le coup de 23h00.

Le ton était monté et durant cette dispute assez violente, le prévenu s'était saisi d'un câble électrique pour fouetter à plusieurs reprises sa compagne sur différents endroits du corps. Cette scène s'était déroulée sous les yeux de la fille de la victime âgée de dix ans.

La victime a chuté du premier étage

Le prévenu n’avait eu cesse, selon le dossier, de se montrer violent envers sa compagne durant la nuit. Au petit matin, désirant fuir son appartement dans lequel elle était enfermée, la victime avait enjambé le balcon et avait fini par chuter du premier étage. Un témoin avait alors alerté la police.

Le prévenu s'était quant à lui précipité à l'extérieur afin de s'occuper de sa compagne, qui, les talons cassés, était dans l'incapacité de se mouvoir. "L'homme a alors saisi la dame par les bras et l'a déplacée tel un cadavre", a expliqué le témoin. 

Policiers et ambulanciers, intervenus dans un second temps, avaient été choqués par le corps meurtri de la victime. Arrêté, le jeune homme, originaire de Guinée et arrivé en Belgique en 2014, avait été placé sous mandat d'arrêt. Il a comparu sous bracelet électronique après quatre mois de détention.

Une question de “culture”, selon la défense

Il explique pour sa défense qu'il avait de moins en moins de liberté depuis la naissance de ses enfants et qu'il avait agi de la sorte car sa compagne l'avait poussé à bout.

Pour le parquet, le prévenu a méprisé la victime durant plusieurs heures, des faits que la subsitute Colienne requalifie en traitements inhumains. Elle sollicite une peine de quatre ans de prison à l'encontre du prévenu également poursuivi pour non-assistance à personne en danger suite à la chute.

À la défense, Me Rodeyns insiste sur le bagage socio-culturel de son client et rappelle que dans la culture africaine l'homme ne s'occupe pas des enfants et qu'il est en droit de corriger sa compagne. "Ce qu'il a fait même si, en Belgique, c'est interdit." Il demande le maintien de la qualification en coups et blessures et plaide une peine inférieure assortie d'un sursis probatoire.

Le jugement sera rendu le 3 juin.