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Aurélie Montchéry et Sébastien De Leenheer étaient en couple depuis quatre ans © DR

L’ex-compagnon d’Aurélie Montchery venait d’être libéré: “Les choses ont dégénéré depuis septembre”

Sébastien De Leenheer a reconnu le meurtre de son ex-compagne Aurélie Montchery. Les circonstances de ce nouveau féminicide interpellent forcément: le suspect avait déjà été arrêté il y a quelques semaines après une plainte de la victime pour des coups et blessures. Libéré dix jours avant le drame, l’homme de 40 ans a expliqué avoir vu rouge lors d’une rencontre vendredi en matinée.

Aurélie Montchery serait la vingtième femme belge à succomber aux coups de son conjoint ou ex-conjoint cette année. Ce chiffre, non officiel et certainement inférieur à la réalité, émane du site stopfeminicide.blogspot.com. Tous les leviers sont-ils mis en œuvre pour protéger les femmes des violences conjugales? Le cas de la jeune femme ne manquera pas d’alimenter le débat.

Mesure d’éloignement

Son corps sans vie a été découvert vendredi en fin d’après-midi dans le coffre d’une Seat stationnée à Bouffioulx. La trentenaire aurait subi un important traumatisme crânien provoqué par des coups de briques et plusieurs coups de couteau sur le corps. Sébastien De Leenheer, ex-compagnon de la victime, a avoué le meurtre dimanche, expliquant avoir craint pour la suite de sa relation amoureuse et avoir vu rouge.

Il avait tenté de fuir après avoir assassiné Aurélie avant d’être rattrapé par la police samedi après-midi. Il venait alors de contacter l’un de ses amis pour se confier et lui demander de s’occuper de ses enfants. “Il voulait se suicider, mais n’est pas passé à l’acte”, selon HLN. C’est cette personne qui a informé la police.

La victime avait porté plainte contre le suspect en septembre dernier pour des coups et blessures. Il avait été placé sous mandat d’arrêt et se trouvait en détention préventive. Le 22 octobre dernier, il avait été libéré sous conditions par le juge d’instruction. Il ne pouvait notamment pas entrer en contact avec Aurélie Montchery, devait vivre chez sa grand-mère et avoir un suivi psychologique.

“De plus en plus jaloux”

Mais visiblement, son passage en détention et la mesure d’éloignement n’ont pas suffi à calmer la colère de l’homme de 40 ans, montée crescendo ces derniers mois. Dans une conversation relevée par la DH, Aurélie se confiait sur Messenger à une amie au lendemain d’avoir porté plainte: “Sébastien devenait de plus en plus jaloux. Il fouillait mon téléphone. Il allait jusqu’à regarder si je mettais un string ou une culotte pour aller au sport ou au travail”, s’inquiétait-elle.

“Ils étaient ensemble depuis environ quatre ans. Ils étaient très amoureux. Mais, depuis septembre dernier, les choses ont dégénéré. Ils se sont disputés. Sébastien a bousculé violemment Aurélie et elle a eu peur”, confie une connaissance du couple à la DH. Selon elle, après sa remise en liberté, Sébastien était conscient que cette situation “était de sa faute”, il promettait “de se soigner”.

Avant Aurélie, le suspect avait été en couple avec une autre femme. “J’ai vécu 15 ans de calvaire: violences, jalousie, manipulation et mythomanie. J’ai toujours été sous son emprise et je n’ai jamais osé porter plainte”, explique-t-elle à la DH. Depuis ses aveux, l’homme de 40 ans a encore quelques “trous dans la mémoire”, selon le parquet. “Il y a encore des ambiguïtés dans son histoire”, rapporte HLN.