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La police de Charleroi a eu la main lourde le week-end passé: “Ce n’est pas faute d’avoir prévenu”

InterviewLe beau temps était annoncé le week-end passé. Il était bien au rendez-vous pour la première fois de l’année. De quoi inciter les gens à sortir de chez eux! Pourtant, les règles de confinement destinées à ralentir la propagation du coronavirus sont toujours d’application en Belgique. Les sorties sont autorisées sous certaines conditions. Mais la police de Charleroi a constaté que celles-ci n’ont pas vraiment été suivies.

190 procès-verbaux (PV) ont été rédigés par la Zone de Police de Charleroi ce week-end dernier. C’est davantage que les week-ends précédents. “De mémoire, il y en a eu 140 le week-end d’avant” nous conte le porte-parole de la police carolo, David Quinaux. Il y a quinze jours, le compteur était monté jusqu’à 160.

“Rien que sur la semaine dernière, nous avons établi 398 PV. Depuis le début des mesures de confinement décrétées par le gouvernement fédéral, nous en totalisons 730. Visiblement, les gens n’ont toujours pas compris puisque les chiffres n’ont pas tendance à diminuer. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir prévenu.”

Causes et sanctions

Les raisons de ces verbalisations sont régulièrement les mêmes: “Il s’agit de déplacements pour des motifs futiles et de regroupements. Cela arrive souvent que plusieurs personnes  se trouvent dans la même voiture alors qu’elles ne vivent pas sous le même toit.”

Pourtant, la sanction financière est assez salée: “Il y a une proposition de transaction d’un montant de 250 euros qui est faite au contrevenant. S’il paye, cela signifie qu’il reconnaît sa faute et l’action publique s’éteint. S’il conteste, c’est le juge qui décidera de la suite à donner.”

Réactions

Tout le monde n’accueille d’ailleurs pas ces interventions policières de gaieté de cœur: “C’est comme toujours. Il y a deux écoles. Il y a ceux qui ont tenté le coup, mais qui se sont fait prendre et qui le reconnaissent. Et puis, il y a ceux qui ne veulent rien entendre. Mais nous sommes encore dans une démocratie. Le citoyen a tout le loisir de faire valoir ses droits devant la justice. Et après cela, il y a encore la possibilité de faire appel.”

Malgré cela, certains réagissent de manière véhémente: “Dans quelques cas extrêmes, nous sommes effectivement contraints de ramener la personne au poste de police.”

Et les mesures de confinement sont encore loin d’appartenir au passé. Elles sont valables jusqu’au 19 avril et sont susceptibles d’être prolongées au moins jusqu’au 3 mai. Par contre, elles ne devraient pas être durcies car la situation liée au Covid-19 est à l’amélioration.

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