Le couple diabolique en cellule en Belgique après 23 ans de cavale: Hilde Van Acker souffre d'un cancer

Elle voulait revenir en Belgique depuis longtemps, lui craignait de ne pas bénéficier d'un procès équitable dans notre pays. Hilde Van Acker, 56 ans, et son ex-compagnon Jean-Claude Lacote, 53 ans, autrefois surnommés “le couple diabolique”, sont de retour en Belgique depuis 7 heures ce matin, 23 ans après avoir échappé à la justice belge. Une fois sur le tarmac, ils ont immédiatement été transférés en prison à Bruxelles. 

La quinquagénaire flamande et son ex-mari franco-ivoirien ont été placés dans un avion pour Bruxelles à Abidjan hier soir. Ils n’étaient pas seuls à bord, mais accompagnés des enquêteurs de la cellule FAST (Fugitive Active Search Team) de la police fédérale et du journaliste de VTM Faroek Özgünes, qui a recueilli les premiers propos du duo de criminels après avoir été lui-même incarcéré pour son reportage dans les environs de la prison d’Abidjan. Il y a d’ailleurs côtoyé les deux meurtriers.

“J’ai été aveugle et manipulée”

“Hilde Van Acker, qui souffre d'un cancer du sein, est contente de retourner en Belgique et que sa cavale prenne enfin fin. Elle attendait d’être extradée pour oser y croire”, explique-t-il. La quinquagénaire lui a expliqué comment elle a été, selon elle, manipulée par son amant de l’époque. “J’ai suivi quelqu’un aveuglément sans savoir ce dans quoi je m’engageais. Je ne savais même que j’étais condamnée pour meurtre. Je suis heureuse d’enfin pouvoir revenir en Belgique mais j’ai peur du jugement de l’opinion publique sur place, qui est si négatif à mon sujet, alors que ce n’est pas juste”, résume-t-elle.

Jean-Claude Lacote, lui, était moins enthousiaste à l’idée de fouler le sol belge et d’y affronter la justice. “Il avait très mauvaise mine et était très confus. Il disait même ne pas être en état de subir un si long vol à cause de ses problèmes de santé”, relate le journaliste de VTM. “Moi, je ne l’ai jamais ressenti comme une vraie fuite”, indique le fuyard condamné pour l’homicide d'un homme d’affaires. “Nous étions limités dans nos déplacements et ne pouvions pas faire découvrir le monde à notre fille. J’en avais marre moi aussi, mais je craignais de ne pas bénéficier d’un procès équitable en Belgique”. 

Exécution

Il évoque ici le procès d’assises pour l’assassinat de Marcus Mitchell, un homme de 44 ans tué au Coq en 1996 de deux balles dans la nuque alors qu’il était agenouillé. Une exécution pure et simple attribuée  à Van Acker et Lacote après la macabre découverte par des enfants dans les dunes. Le couple suspecté avait néanmoins été libéré après quelques mois de préventive dans l’attente du procès mais s’était enfui à l’étranger alors que l’enquête n’était pas close. Si le couple avait été inquiété, c’est parce que Marcus Mitchell avait réalisé, peu avant sa mort, que Lacote l’avait escroqué de plusieurs millions de francs. 

Le couple avait écopé du sobriquet “amants diaboliques” lors du procès par contumace à la cour d’assises de Bruges en 2011. Peine prononcée: perpétuité pour meurtre pour tous les deux. Un procès extraordinairement curieux, sans accusés ni parties civiles: seuls les juges, avocats et jurés étaient aux audiences. 

Vie rocambolesque

Finalement, le 18 octobre dernier, la Belgique est parvenue à faire inscrire Hilde Van Acker sur la liste des criminels les plus recherchés avec l’appui de la France et de la Suisse. Elle était la première femme de l’Histoire à y figurer. Grâce à la pression internationale, la Côte d’Ivoire s’est décidée à intervenir et livrer le couple en vue d'une extradition. 

Les fuyards, qui ont un enfant ensemble, ont été tirés du lit à l’aube par la police après une cavale de 23 ans durant laquelle ils ont exercé diverses professions (pilote, femme de ménage, chef d’entreprise,...) notamment en Afrique du Sud (où Lacote a été incarcéré pour d’autres faits mais s’est enfui avec l’aide de Hilde Van Acker, déguisée en agent de police) puis en Côte d’Ivoire. Ils y vivaient modestement, séparément mais non loin l’un de l’autre afin de se partager la garde de leur fille, une adolescente désormais confiée à des proches sur place.

“Nous allons donner notre vraie version de l’histoire”

Leur procès belge devra probablement avoir lieu une nouvelle fois, aux assises. “Ma cliente a été condamnée en son absence et va se pourvoir en cassation”, a commenté sur avocat, Kris Vincke. “Si cela est recevable, nous irons à ce nouveau procès et nous donnerons enfin notre version de l’histoire”, réagit Hilde Van Acker. Jean-Claude Lacote devrait avoir recours à la même défense pour échapper, peut-être, à la perpétuité prononcée en 2011.

Hilde Van Acker a été amenée à la prison de Berkendael (Forest) et Jean-Claude Lacote à Saint-Gilles. Ils seront rapidement transférés à la prison de Bruges, où Hilde Van Acker bénéficiera des soins nécessaires pour son cancer dans l’aile médicalisée de la prison. “Espérons que ça se fasse très prochainement, car elle est à bout de forces”.

Le reportage de Telefacts sur la vie du couple en Côte d’Ivoire sera diffusé sur VTM ce soir à 22h20.

Hilde Van Acker souffre d'un cancer du sein et est soulagée de rentrer en Belgique, contrairement à Jean-Claude Lacote
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Hilde Van Acker souffre d'un cancer du sein et est soulagée de rentrer en Belgique, contrairement à Jean-Claude Lacote © VTM