Dolce Corner à Charleroi
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Dolce Corner à Charleroi © Instagram Dolce Corner

Le Dolce Corner à Charleroi incendié, sa gérante l’a échappé belle: “Je suis terrorisée”

Mise à jourLes commerces en Belgique vivent des moments compliqués avec le confinement imposé par le gouvernement fédéral afin de ralentir la propagation du coronavirus. Mais l’un d’entre eux vient de subir une double peine. Le Dolce Corner situé à la rue de Marcinelle à Charleroi a brûlé dans la nuit de samedi à dimanche. Il proposait des pâtisseries.

Le Dolce Corner a été victime d’un incendie criminel. Sa gérante, Griselda (30 ans), en garde de grosses séquelles: une double fracture du pied et une commotion cérébrale. “Je prends des médicaments assez forts” précise-t-elle. Elle est d’ailleurs en incapacité de travail jusque mi-mai.

En effet, notre interlocutrice était présente sur place la nuit des faits: “J’y dormais depuis trois nuits car la porte d’entrée du magasin avait été fracturée. J’avais peur qu’on essaye de voler quelque chose.”

“Il y avait une odeur de carburant”

Elle nous raconte ce qu’elle a vécu: “Je me levais au moindre bruit. Pour la 14e fois, je suis descendue au rez-de-chaussée car j’en avais entendu un autre. Je n’étais pas encore très bien réveillée. J’ai vu des bidons vides. Il y avait une odeur de carburant. Je ne comprenais pas. Lorsque je suis arrivée en bas, j’ai senti que je marchais sur du liquide. J’ai enlevé mes chaussettes et je me suis dirigée vers la porte de la cuisine car c’était la seule pièce que je ne pouvais pas voir d’au-dessus. Et puis, je ne me souviens plus de rien.”

C’est son amie qui a dû lui expliquer ce qu’il s’était passé par la suite: “Elle a entendu une explosion. Elle m’a trouvée à terre. Selon elle, j’étais sonnée, mais consciente. Ce qui lui a permis de me faire sortir.”

Griselda a eu beaucoup de chance d’avoir été secourue: “Les nuits précédentes, je dormais toute seule dans le bâtiment de mon magasin. Mais cette nuit-là, mon amie m’a rejointe parce qu’elle faisait des crises d’angoisse.”

“Je ne sais pas qui peut m’en vouloir”

Selon elle, ceux qui se sont attaqués à la porte d’entrée du Dolce Corner sont les mêmes que ceux qui y ont bouté le feu: “C’est vrai que des gens auraient pu remarquer que l’établissement n’avait plus de volet métallique. Mais pour rentrer, il fallait connaître le code d’accès. Ou alors, sonner chez quelqu’un d’autre de l’immeuble qui a ouvert.”

Aujourd’hui encore, elle se pose de nombreuses questions: “Je ne sais pas qui peut m’en vouloir. Il y a plusieurs années d’ici, j’ai bien connu des problèmes avec des gens spéciaux. Mais c’était il y a longtemps. Non, franchement, je ne vois pas.”

Griselda ne sait pas non plus si elle va poursuivre son activité: “Mon propriétaire s’est rendu sur les lieux et il m’a dit que seule la cave a été touchée. Les pompiers sont arrivés rapidement sur place. Mais psychologiquement, c’est très dur. Je suis terrorisée d’y retourner.”

But d’une vie

D’autant plus que son commerce n’existait que depuis six mois. “Cela fait des années que je voulais me lancer. J’ai vraiment galéré pour pouvoir ouvrir ce magasin. Je ne proviens pas d’une famille aisée. J’ai dû effectuer un gros travail pour parvenir à mes fins. Le confinement avait déjà été un gros coup dur car il intervenait au moment où ma boutique commençait enfin à tourner. Et maintenant, ça...” Et c’est avec beaucoup de dépit qu’elle ajoute: “C’était le but de ma vie!”

Mais si c’était à refaire, elle poserait d’autres choix: “Je me suis établie à la rue de Marcinelle car des aides étaient octroyées aux commerçants artisanaux qui souhaitaient s’y implanter. Il y avait une prime de 6.000 euros à l’installation et une prise en charge de la moitié du loyer au cours des six premiers mois. Je n’ai finalement pas eu droit à ces incitants parce que soi-disant mon plan financier ne tenait pas la route. Mon magasin se trouve donc dans une rue compliquée sans que je ne bénéficie d’aucun avantage.”

Ce n’est pas le premier commerce dans la région de Charleroi qui a été ravagé par les flammes ces dernières semaines. À la mi-mars, la discothèque The Room à Gosselies avait déjà été victime d’un incendie d’origine criminelle. Ce haut-lieu des soirées carolos n’est pas non plus certain de rouvrir. Les dégâts y avaient été très importants. Tout est parti littéralement en fumée.

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