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Les prévenus. © BELGA

Les premières déclarations des prévenus donnent le haut-le-coeur

termondeLe début du procès pour pédopornographie à Termonde a commencé vendredi par l'interrogatoire des prévenus. La juge a voulu en savoir davantage sur les raisons pour lesquelles ils avaient commis ces faits de maltraitance sur mineur. 

L'un des prévenus, Dimitry D., ne sera pas présent au procès vendredi. Il s'est fait représenter par son avocat, ce qui n'a pas plu à la juge. "Être présent à son procès est important", a déclaré la magistrate. Elle a dès lors demandé à l'avocat d'insister auprès de son client pour qu'il vienne. Il est possible qu'il arrive en cours de journée.

Niels M. a, lui, déclaré avoir été maltraité dans son enfance. "Je cherchais des réponses sur ce qui m'était arrivé et je suis entré en contact avec les autres prévenus. Je n'ai jamais abusé sexuellement de mon fils ou mon beau-fils, c'était un fantasme, un jeu de rôle. Je reconnais que j'ai abusé du fils de mon voisin, mais j'étais moi-même mineur au moment des faits.”

Michael M., également poursuivi pour abus sexuel, admet avoir abusé de son neveu et du fils de Niels M. "J'ai une tendance pédophile, je suis une thérapie depuis un certain temps et j'aimerais la poursuivre", a-t-il ajouté.

Le Britannique Samuel K. a expliqué qu'il n'a “jamais voulu faire de mal à personne" et qu'il reconnaît la douleur qu'il a "causée aux familles concernées". "Dans un sentiment de solitude et de recherche d'amitié, j'ai été en contact sur internet avec des personnes partageant les mêmes souhaits. Je suis tombé dans un piège et il m'a été difficile de m'en sortir. C'était un fantasme, je ne ferais jamais ces actes dans la vraie vie. Regarder ces images m'a aidé à gérer la pression et le stress, mais maintenant je ressens une grande honte", a-t-il ajouté alors qu'il est également poursuivi pour traite d'être humains mais nie cette prévention.

Le Néerlandais Lars D.R. reconnaît qu'à l'âge de 15 ans, il a découvert des penchants pédophiles. "J'ai commencé à ressentir ce sentiment avec les enfants à l'âge de 15 ans. J'ai filmé et partagé mes propres abus sur les enfants et je regrette ce que j'ai fait.”

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“La révélation de tels faits est très importante pour les victimes”

Alors que la défense souhaitait que le procès soit à huis clos, le tribunal a, après délibération, estimé que “le dossier est trop important pour l’être. Des accords clairs ont été conclus avec la presse concernant la reconnaissance des victimes”, a-t-il précisé.

Child Focus souhaitait que le procès soit public. “La révélation de tels faits est très importante pour les victimes”, avait plaidé Me Kris Luyckx au nom de Child Focus.

La fondation a, par ailleurs, déclaré vendredi par la voix de sa directrice générale Heidi De Pauw qu’il s’agit “d’un procès exceptionnel” et que “nous espérons que la sanction des cinq accusés sera proportionnelle à la gravité des faits et surtout aux souffrances infligées aux plus jeunes victimes.”

“Ils se sont également rendus coupables d’abus sexuels sur leurs propres enfants, les enfants de leurs amis et leurs beaux-enfants. Outre les enfants identifiés par la police belge, il y aussi des milliers d’enfants qui n’ont pas été identifiés. Nous voulons donner à ces enfants une voix et un visage au tribunal”, a conclu la directrice générale de Child Focus.

Le dossier de pédopornographie examiné à partir de vendredi devant le tribunal correctionnel de Termonde est sans précédent en Belgique. Cinq hommes - trois Belges, un Britannique et un Néerlandais - sont poursuivis pour avoir réalisé ou obtenu des clichés, puis pour les avoir stockés dans une immense base de données pour ensuite les diffuser. Trente-huit victimes ont été identifiées, et Child Focus s’est constitué partie civile au nom des autres.

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DR © Les cinq pédophiles arrêtés: Dimitry D., Michael T., l'Anglais Samuel K., Niels M., et le Néerlandais Lars de R.
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