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Archives (procès à Termonde) © Geert De Rycke

Rossées après le tennis ou pour apprendre le vélo: un père abusif encourt 18 mois de prison

“J’ai peut-être été un papa un peu trop sévère”, a concédé B.D. devant son juge à Termonde ce lundi. Le père de famille de 42 ans de Saint-Gilles-Waes (Flandre Orientale) a tenté de nuancer les faits de maltraitances familiales qui lui sont reprochés. Le dossier à charge est pourtant lourd. Durant des années, l’homme aurait littéralement terrorisé ses filles nées en 2008 et 2012. Les petites filles auraient régulièrement reçu des coups de poing et de pied, tout comme leur mère. Le prévenu encourt une peine de 18 mois de prison. 

La fille aînée, 11 ans aujourd’hui, compare son père à “un gorille” pour décrire son comportement agressif. Quant à la cadette, 7 ans, les experts qui l’ont examinée estiment qu’elle est devenue “extrêmement anxieuse”. Cela s’explique à la lecture des pièces apportées au dossier par les parties civiles et le ministère public: les violences morales et physiques perpétrées par le père auraient duré de 2012 à 2017 au moins. Qu’il se soit agi de cours de tennis, de l’apprentissage du vélo ou même lors de vacances en famille, la barre n’était jamais assez haut pour les filles de B.D. Et si les fillettes avaient le malheur de ne pas exceller de suite dans un domaine, le père leur faisait aussitôt comprendre en en venant aux mains. Pour le monde extérieur cependant, le sales manager, sa femme et leurs filles formaient une famille parfaite. Mais une fois la porte de la maison refermée, B.D. révélait son vrai visage.

Pas de remords

“Les deux petites filles ont vécu sous une pression constante alors qu’elles étaient particulièrement jeunes et sans défense”, a estimé Me Kjell Verleysen, l’avocat et tuteur ad hoc des enfants. “Dans cette famille, cela allait bien plus loin que ladite ‘fessée éducative’. Le père est représentant en articles cadeaux mais n’offrait à ses enfants que des coups et blessures. Les fillettes avaient les poignets bleus, se faisaient pincer les joues, frapper et rouer de coups de pied. L’une des fillettes a raconté qu’après une compétition de tennis où son père avait trouvé qu’elle n’avait pas assez utilisé son revers, il lui avait pincé la joue tellement fort qu’elle avait eu des douleurs durant des jours. Et maintenant, Monsieur vient raconter qu’il s’investissait en tant que père et amenait ses filles au tennis. Il faut oser! Qu’il n’éprouve pas de sentiment de culpabilité nous perturbe énormément”. 

“Il y a une raison pour qu’elles le craignent à ce point”

Pour le ministère public également, il est évident que B.D. ne réalise pas la gravité des faits. “Il minimise les faits en les assimilant au comportement d'un père strict, mais c’était tout simplement de la tyrannie. Cette personne était tout simplement beaucoup trop exigeante avec ses filles et si elles ne répondaient pas à ses attentes, il les attendait au tournant. Il y a bien une raison pour laquelle les deux sœurs ont si peur de lui. Pour nous assurer que B.D. ait enfin des remords, il faut que sa peine de prison soit assortie des conditions probatoires afin qu’il suive une thérapie chez un psychiatre”. 

“Il m’a forcée à dire que j’étais tombée parce que j’étais saoule”

“Nous avons vécu l’enfer durant des années”, a expliqué la mère en larmes devant le tribunal ce lundi. Divorcée de B.D. depuis, elle a évoqué les violences endurées. Son mari lui aurait un jour cassé le nez lors d'un énième accès de violence mais, devant les médecins, il l’aurait forcée à dire: “Je suis tombée dans l’escalier parce que j’étais ivre”. “Je m’en veux tellement d’avoir laissé faire si longtemps. Mais j’espérais toujours qu’il change, que nous pourrions rester une famille. Jusqu’à ce jour de juin 2017 où il a littéralement cassé la figure de notre plus jeune. Cela a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et qui m’a poussée à tout arrêter et dévoiler les faits. Je suis dégoûtée qu’il démente et minimise tout. Il ne percute tout simplement pas le mal qu’il nous a fait”. 

“Il a déjà été puni par son divorce difficile”

B.D. et son avocate estiment qu’ils ne “minimisent” pas les faits mais les “nuancent”. “Mon client est un père perfectionniste, et il a lui-même été élevé de cette manière. Il veut que ses enfants accomplissent des choses dans leur vie. Il conçoit désormais que c’était peut-être un peu trop. Et entre-temps, il a déjà été puni durant deux ans pour ce qui s’est passé. Il a vécu un divorce difficile et n’a plus que des contacts très limités avec ses enfants. Actuellement, il épargne pour elles afin qu’elles aient un compte-épargne bien garni à leur majorité”, a exposé la défense pour témoigner de la “bonne foi” du prévenu.

L’avocate de B.D. a demandé la suspension du prononcé pour son client. Le procureur a immédiatement émis un avis négatif envers cette requête. Le jugement est attendu le 14 octobre. 

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