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Illustration © Getty Images

Un grand-père “exemplaire” démasqué en offrant son ancien GSM à son petit-fils

Ce qui avait commencé par une enquête pour incendie criminel a débouté sur la mise au jour de faits de pédophilie et d’inceste. Un homme de 75 ans aux allures de père et grand-père exemplaire a été démasqué: il est désormais accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec sa fille mentalement vulnérable, son petit-fils et sa petite-fille mineurs d’âge. L’individu possédait 130.980 images pédopornographiques. Il risque six ans d’emprisonnement et six ans de mise à disposition du tribunal.

Le pédophile a été coincé de manière peu conventionnelle. La police du canton Borgloon, dans le Limbourg, enquêtait sur l’incendie probablement volontaire d’un véhicule. Dans ce cadre, elle avait procédé à la lecture des données du GSM d’un jeune homme. Mais sur les données en cache de l’appareil, les enquêteurs ont découvert quelque 750 photos de mineurs d’âge exécutant des prestations sexuelles. Incriminé pour détention d’images pédopornographiques, le jeune homme tombe des nues. Il explique avoir à peine reçu le smartphone... de son grand-père. L’enquête corrobore ses dires: le septuagénaire avait lui-même collecté toutes ses images en surfant sur internet, mais le smartphone en avait gardé la trace, ce qu’il ignorait en l’offrant à son petit-fils.

Suite à cette découverte, la police mène les perquisitions d’usage chez le grand-père. Lors de son arrestation, l’homme se rebiffe et tente in extremis de détruire son nouveau smartphone afin d’éliminer les preuves qu’il contient. Il finit par avouer lors d'une audition ultérieure. Il explique avoir souffert de problèmes d’érection 25 ans plus tôt, suite à quoi il a commencé à surfer sur internet sur des sites pornographiques. C’est de cette manière, selon ses dires, qu’il serait tombé sur des images pédophiles et y aurait pris goût, se constituant une gigantesque base de données. En plus de toutes les photos retrouvés, les policiers mettent la main sur 98 vidéos à caractère pédopornographique et 720 histoires sexuelles mettant en scène de la pédophilie. Dans certains, il se décrit comme l’auteur des abus. 

Une vie de façade exemplaire

L’enquête se poursuit et les enquêteurs passent de la stupeur à l’effroi. Les faits ne se limitent pas à la détention d’images proscrites: la police se tourne vers la propre fille du suspect, laquelle réside encore chez lui en raison de sa vulnérabilité mentale. L’homme avoue avoir abusé d’elle à plusieurs reprises, et affirme ne pas en être fier: “Je savais que c’était mal”. Finalement, après une certaine période de déni dans leur chef, deux petits-enfants mineurs d’âge, une fillette et un garçon, se révèlent avoir été victimes du septuagénaire également.

Le procureur évoque des “faits d’une extrême gravité”. “Et je ne crois pas que de telles déclarations détaillées puissent être le fruit de leur imagination. L’accusé menait, à première vue, une vie exemplaire, était engagé socialement, doué d'une grande intelligence et a collaboré à l’enquête. Pourtant, cela n’est pas suffisant pour lui accorder un sursis probatoire”, a-t-il résumé. 

“C’est indéniable, mon client avait une double vie”

Me Christian Lemache, avocat de l’accusation, explique que c’est la première fois en 34 ans de carrière qu’il est face à un tel dossier. “L’enquête a été très bien menée et il est évident que mon client menait une double vie. Cet homme s’est isolé sexuellement de la société”, a-t-il plaidé. Malgré les éléments à charge, les abus envers l’un des petits-enfants sont toujours contestés. La défense recommande un traitement intensif du septuagénaire qui a été placé en détention préventive en janvier dernier. “Il y a beaucoup de questions auxquelles je ne sais moi-même pas répondre”, a de son côté résumé l’accusé. “Je m’en excuse!”, a-t-il conclu. Le jugement est attendu le 25 octobre.