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La police de Tempe rejette la responsabilité vers le père au comportement jugé agressif © RTL

Un père tasé alors qu'il portait son bébé

Un trentenaire américain, père de trois enfants, a été la cible de plusieurs Taser de la police alors qu’il portait son bébé d’un an, mi-juin en son domicile de Tempe, en Arizona, a évoqué mercredi le Washington Post, vidéo de bodycam à l’appui. Son avocate, ses proches et des activistes dénoncent une intervention d’une force excessive, réclament que les policiers impliqués soient tenus responsables et appellent à un changement de méthodes.

Le matin du 15 juin, des policiers se sont rendus à l’appartement des Oakry peu avant six heures, suite à un appel pour violences domestiques passé par la mère de famille. Ivaughn Oakry serait rentré éméché et l’aurait poussée à plusieurs reprises au cours d’une dispute, selon un rapport sur l’incident. A l’arrivée de la police, la femme avait quitté l’appartement mais en avertissant que ses trois enfants étaient encore à l’intérieur avec leur père.

Dans une escalade face à l’individu refusant de coopérer, un premier policier l’a pointé avec son Taser. Deux enfants se sont mis à pleurer et crier. Un bébé en couche-culotte a couru vers son père, qui s’est penché et l’a pris dans les bras. L’agent lui a demandé de poser l’enfant et de lever les mains. D’autres policiers sont entrés et l’homme s’est retrouvé la cible de plusieurs pistolets à impulsion électrique. Cerné dans un coin, refusant de lâcher le bébé et criant à une policière de ne pas le toucher, le père a finalement été atteint simultanément par trois pistolets. Sa chute a été amortie par des sacs-poubelle remplis de vêtements. Un agent a rapidement saisi l’enfant et l’a confié à sa mère, revenue entre-temps.

M. Oakry a été arrêté pour agression et mise en danger d’un enfant, mais ces charges ont depuis été abandonnées.

La police de Tempe a défendu mardi que les officiers avait agi correctement afin de maîtriser Ivaughn Oakry, décrit comme verbalement agressif et non-docile. “Ces enfants innocents et leur mère ont été mis en danger par le suspect et toute suggestion que quiconque d’autre ait mis des gens en danger est irresponsable”, a estimé la chef Sylvia Moir en conférence de presse. “Bien que M. Oakry ait été atteint par le Taser, l’enfant n’a pas été blessé et il n’y a pas de preuve indiquant que celui-ci ait été touché par les électrodes”, selon un communiqué de la police, ajoutant que les techniques de désescalade seront encore évaluées et améliorées.

“Ce qui est arrivé à M. Oakry n’aurait jamais dû se passer”, a pour sa part commenté son avocate. “En conséquence, ses enfants et lui font face à des traumas émotionnels et psychologiques”, a rapporté Me Hamel. L’avocate relève que la police n’avait pas de mandat et n’avait pas reçu l’accord de son client pour entrer. “Comment réagiriez-vous si quelqu’un entrait chez vous et pointait un Taser dans votre direction? Il n’avait pas à se soumettre à des ordres de police illégaux en son domicile quand ils y sont entrés de manière incorrecte. Il pouvait tout à fait revendiquer ses droits constitutionnels et demander qu’ils s’en aillent”, a-t-elle poursuivi. Pour Me Hamel, la décision du père de porter son enfant dans le chaos était logique: “Je ne confierais pas mon enfant à des gens en train de me menacer”, a-t-elle justifié. L’avocate questionne aussi l’affirmation que l’enfant n’ait pas été blessé. D’après elle, si le corps du bébé était en contact avec celui de son père quand il a été touché, l’électricité l’aurait atteint.

Une aile du mouvement Black Lives Matter basée à Phoenix a appelé à la fin immédiate de l’utilisation de la force à l’encontre des enfants et a demandé le renvoi des officiers impliqués dans l’arrestation de M. Oakry.