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© Facebook Martijn Hendriks

Une ambulance néerlandaise transportant une patiente bloquée à un péage belge: “Vous devez payer comme tout le monde”

Deux ambulanciers néerlandais ont vécu une mauvaise expérience samedi soir à l’entrée du tunnel payant de Liefkenshoek, à Anvers. Leur véhicule médical, qui transportait un patient atteint du coronavirus, s’est vu refuser l’accès. Malgré l’urgence, ils n’ont pas été autorisés à passer sans s’acquitter au préalable d’une somme de 6 euros. Surréaliste.

L’infirmier-ambulancier Martijn Hendriks et son collègue Edwin Montanus ne comprennent toujours pas ce qui leur est arrivé samedi soir, lorsqu’ils ont été retenus devant le tunnel de Liefkenshoek, près d’Anvers, avec une patiente contaminée par le coronavirus à bord. L’ambulance néerlandaise devait se rendre à Terneuzen, dans la province de Zélande. L’itinéraire le plus rapide passe par Anvers.

Si le passage de la frontière belge s’est déroulé sans encombre, en revanche, les choses se sont moins bien passées au poste de péage à l’entrée du tunnel. “Nous étions devant les barrières. Mon collègue se trouvait au volant et moi à l’arrière avec la patiente”, témoigne Martijn Hendriks sur Facebook. Cependant, la barrière est restée fermée. “Ce n’est qu’au bout de dix minutes qu’on nous a dit par l’interphone qu’on devait quand même payer”.

“Vous pouvez leur laisser une chose, ils sont tenaces”

Pour illustrer davantage la gravité de la situation, les ambulanciers ont alors décidé de faire marcher les avertisseurs bleus de l’ambulance, croyant peut-être que les péagers n’avaient pas réalisé qu’il s’agissait d’une ambulance avec une patiente contaminée à bord. En vain.

“Il n’y avait rien d’autre à faire que de faire marche arrière et d’aller trouver l’employé. Il se trouvait dans une petite cabine un peu plus loin sur la route, mais il s’est montré intransigeant. “Vous pouvez leur laisser une chose, ils sont tenaces”, prolonge Hendriks. “Ambulance ou pas, patient contaminé ou pas, nous devions payer, et rapidement”.

Argent en cash refusé

Seulement voilà, le chauffeur portait une combinaison de protection obligatoire et n’avait donc pas son portefeuille sur lui. Heureusement, il restait encore un peu de monnaie dans l’ambulance. Mais les Belges l’ont refusée. “Nous n’acceptons pas de l’argent liquide contaminé au coronavirus”, ont-ils rétorqué.

Lorsque le conducteur a indiqué qu’il n’avait pas de carte bancaire, les collaborateurs belges leur ont répondu qu’ils n’avaient pas d’autre choix que de retourner aux Pays-Bas et d’emprunter un autre itinéraire. “La patiente que nous transportions ne comprenait plus rien. Son état était stable, mais elle était sous oxygène et devait aller aux toilettes. De plus, il était préférable pour elle et pour la sécurité de tous que nous la transportions en toute sécurité à l’hôpital de Terneuzen le plus vite possible. Et nous avions déjà perdu au moins vingt minutes”.

“Tous nos collègues étaient perplexes”

Alors qu’il s’était quasi résolu à faire demi-tour, l’infirmier-ambulancier Hendriks a réalisé que contrairement à son collègue, lui avait bien sa carte de crédit à l’arrière de sa poche. “J’ai pu finalement payer les 6 euros pour emprunter le tunnel”, explique-t-il. Le véhicule médical s’est ensuite rapidement rendu à Terneuzen, où la patiente est bien arrivée. “Lorsque nous sommes arrivés sur place, nous avons raconté notre mésaventure à nos collègues. Ils étaient tous perplexes et n’avaient jamais entendu cela avant”.

Sur le chemin du retour, l’ambulance a pris un itinéraire différent. “Car je ne voulais plus jamais revivre cela”, peste Hendriks. “En ces temps où tout le monde s’entraide et où se montre solidaire, nous ne nous attendions vraiment pas à pareille mésaventure”.

Les deux ambulanciers ont fait rapport à leurs supérieurs. Pour l’heure, l’entreprise qui gère le tunnel à péage belge n’a pas encore réagi à la polémique.