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Le prévenu ne semble pas mesurer la gravité des faits. Il a pourtant envoyé un enfant de 5 ans à l’hôpital. © Jef Van Nooten

Une fillette de 10 ans renverse un petit garçon à Mol: son grand-père lui apprenait à conduire

Le 7 septembre dernier, un enfant de 10 ans au volant d’un véhicule 4x4 a renversé un garçonnet sur une plaine de jeux à Mol, le blessant grièvement. La fillette était accompagnée par son grand-père, un agriculteur à la retraite de 77 ans, qui a évoqué un “concours de circonstances” alors qu’il apprenait à conduire à sa petite-fille. Il risque un an de prison et une interdiction de conduire de cinq ans.

Ce jour-là, Mathis, 5 ans, roulait à vélo avec sa sœur lorsque l’accident a eu lieu. La petite fille s’est alors ruée vers son domicile pour prévenir ses parents qu’un drame était arrivé. “La mère a trouvé son fils couché sur la rue complètement couvert de sang avec une grave commotion cérébrale, une clavicule cassée et quelques dents perdues”, a raconté Marijn Van Nooten, l’avocat des parents de Mathis, devant le tribunal de police de Turnhout.

Juste après l’accident, le septuagénaire n’a pas semblé mesurer la gravité des faits. “Faut-il vraiment appeler une ambulance et la police?”, a-t-il demandé à la mère de la petite victime. “Cet homme n’a aucun sentiment de culpabilité”, a fustigé Me Van Nooten. “Et s’il s’était arrêté dix centimètres plus loin? Alors Mathis serait mort et l’homme aurait fait de sa petite-fille une meurtrière.”

Le petit garçon n’ose plus sortir depuis l’accident. Il a passé toutes ses vacances de la Toussaint enfermé chez lui. Sa mère est également traumatisée. “Les parents n’ont pu se résoudre à assister au procès. Ils ne sont pas prêts à être confrontés à cet homme”, a expliqué l’avocat.

Le parquet prend l’affaire très au sérieux. “Ce n’était pas la première fois que cela se produisait”, a souligné le procureur du Roi Peter Vanderflaes. La propre famille du prévenu l’avait à plusieurs reprises sommé d’arrêter de donner des cours de conduite à ses petits-enfants. L’homme ne semble pas réaliser les risques qu’il a pris. “J’ai appris à conduire à tous mes enfants et petits-enfants. C’était un concours de circonstances”, s’est-il défendu devant le tribunal, ajoutant qu’en aucun cas l’accident n’aurait pu avoir une issue fatale.

Le jugement est prévu en décembre.