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T. B, un homme de 47 ans originaire de Vosselaar, est accusé avec son ex-collègue du centre Fedasil d'Arendonk d'avoir voulu tuer un réfugié syrien qui avait entretenu une courte relation avec elle. © Peter Vanderveken

Une liaison avec un demandeur d’asile se termine par une tentative de meurtre

Une rupture amoureuse avec une assistante sociale du centre Fedasil d’Arendonk a eu de lourdes conséquences pour un réfugié syrien de 24 ans qui y séjournait. Le jeune homme a été violemment frappé avec une batte de baseball par un ancien collègue de la femme, qui se plaignait de harcèlement de la part de son éphémère ex-petit ami. Le parquet a requis six ans de prison ferme à leur encontre pour tentative de meurtre.

Tout a commencé lorsque l'assistante sociale de 55 ans est tombée sous le charme du demandeur d’asile, surnommé Bako. Leur relation amoureuse n’a toutefois débuté que lorsque le jeune homme a été tranféré vers un autre centre de la région en août 2018.

Harcèlement

L’idylle n’aura cependant pas duré longtemps, ce que Bako a bien eu du mal à accepter. “Il n’arrêtait pas de me harceler et de me menacer par e-mail”, a expliqué P.S. au tribunal de Turnhout ce mercredi. La quinquagénaire a également précisé qu’elle avait déposé plainte contre lui après qu’il fut entré par effraction chez elle.

Le jeune Syrien n’a toutefois pas cessé de harceler son ancienne amante, laquelle a donc tout raconté à T.B., un homme de 47 ans qui a travaillé comme agent d’accueil au centre d’Arendonk pendant des années avant d’être licencié. 

Le 3 avril 2018, Bako a une nouvelle fois menacé de se rendre au domicile de P.S. qui a donc prévenu son ancien collègue. “Lorsque je travaillais au centre, je défendais mes collègues quand il y avait des problèmes, et nous avions convenu qu’elle pourrait m’appeler si Bako se présentait devant sa porte”, a dit T.B. lors de l'audience.

“Il a pété un câble”

Ce qui est finalement arrivé. Alors que le jeune homme attendait devant le domicile de P.S., celle-ci s'est échappée par la porte de derrière et a sauté dans sa voiture. “Je voulais le suivre pour m’assurer qu’il partait vraiment”, a-t-elle expliqué aux juges. Alors que Bako marchait vers le centre d’asile, il a soudainement reçu un violent coup sur la tête. Son agresseur n'était autre que T.B. qui a surgi de nulle part armé d’une batte de baseball. “Un jour, Bako avait envoyé à S. une photo le montrant après s’être lacéré le ventre. J’ai cru qu’il allait sortir un couteau et je lui ai donc donné un coup à la tête”, a expliqué le quadragénaire pour justifier son geste.

P.S. était entretemps arrivée en voiture, mais Bako avait pris la fuite. T.B a grimpé dans le véhicule et les deux se sont mis à la poursuite du jeune Syrien. “Peu de temps après, T.B. a littéralement pété un câble. Il est sorti du véhicule et a commencé à frapper Bako à la tête comme un sauvage avec une batte en bois. Quatre témoins ont dit à la police qu’il l’avait clairement frappé pour le tuer”, a déclaré l’avocat de P.S.

Bako a été conduit à l’hôpital avec une grave blessure à la tête. T.B. et P.S. ont quant à eux été arrêtés par la police le soir-même.

Tentative de meurtre

Le parquet a requis six ans de prison ferme à l’encontre des deux anciens employés du centre Fedasil. La tentative d’homicide a été requalifiée en tentative de meurtre. “Ils avaient apporté une batte en bois et T.B. l’avait en main lorsqu’il est sorti de la voiture. Ils ont poursuivi la victime pour l’attraper, et T.B. l’a immédiatement roué de coups sans aucune menace de la part de Bako”, a souligné le procureur du Roi. “De plus, les témoins affirment unanimement que T.B. a continué à frapper la victime jusqu’à ce que celle-ci soit inerte sur le sol, baignant dans son sang.”

Selon l’avocat de T.B., son client n’avait pourtant pas l’intention de tuer le jeune réfugié. “Cette femme était en détresse et il voulait l’aider. Ce n’est pas un fou, sinon il n’aurait pas pu travailler dans un centre d’asile pendant dix ans”, a-t-il rappelé lors de l'audience. “Il a eu une montée d’adrénaline, mais il voulait simplement lui faire peur”, a-t-il avancé. L’accusé a lui-même admis qu’il n’aurait pas dû agir de la sorte, mais qu’il vivait une période difficile suite à son licenciement. 

La victime a quitté la Belgique

P.S. a également été renvoyée par Fedasil en septembre dernier. La femme a déclaré à plusieurs reprises hier qu’elle avait peur du jeune Syrien, mais qu’elle n’avait jamais demandé à son ex-collègue de prendre une batte et de le frapper à la tête.

La victime, qui ne s'est pas constituée partie civile dans ce dossier, a quitté la Belgique et vit désormais en Grèce. Jugement le 12 février.

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