“Valentin retournait toujours vers son agresseur pour s’intégrer”

Valentin Vermeesch a été décrit comme un garçon qui manquait de maturité par les premiers témoins de moralité entendus lundi après-midi devant la cour d'assises de Liège, au procès des cinq accusés de son assassinat. Il représentait pour certains une proie facile car il réagissait comme un très jeune enfant.

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Valentin Vermeesch a été torturé, assassiné et jeté dans la Meuse en avril 2017 © DR

Les premiers témoins de moralité entendus devant la cour ont dressé le portrait de Valentin Vermeesch, la victime d'Alexandre Hart, de Belinda Donnay, Dorian Daniels, Loïck Masson et Killian Wilmet. Le personnel de différentes écoles d'enseignement spécialisé a exposé que Valentin Vermeesch présentait un QI de 76 (plus que certains accusés) et se situait dans le cadre d'un retard mental léger. Il présentait une faible maturité et des difficultés de compréhension.

“Une proie facile”

"Il était 'petit' dans sa tête et réagissait comme un jeune enfant. Il recherchait l'acceptation du groupe et son objectif était l'intégration. Il était frappant de constater qu'avec cet objectif en tête, il retournait toujours vers son agresseur", a indiqué une assistante sociale.

Valentin était fugueur. C'était un garçon gentil qui faisait de petites bêtises mais qui n'était jamais animé de grosse colère. Mais il était une proie facile. "En raison de son manque de maturité, il ne remettait pas en question les dires des autres ou ceux qui pouvaient faire pression sur lui. Il n'était pas évident pour lui de déceler le vrai du faux. Valentin était le 'benêt' de service car il croyait tout ce qu'on lui racontait au premier degré. Son attitude générale témoignait de sa simplicité", a ajouté un témoin.

“Ses parents étaient démunis”

Durant sa scolarité, Valentin Vermeesch avait des difficultés à obéir aux règles. Il n'était jamais méchant mais il aimait titiller les autres ou se rapprocher un peu trop d'eux. Valentin présentait un vrai handicap social. "Ses parents étaient démunis pour faire face à son éducation. Sa grand-mère lui livrait un cadre mais il était compliqué pour lui d'assimiler les codes sociaux", a précisé un directeur d'école. Un instituteur a insisté sur le caractère influençable de Valentin Vermeesch, qui ne savait pas faire la différence entre le bien et le mal. "C'était un garçon plein de vie mais un peu innocent", a annoncé le témoin.

La directrice d'un home d'accueil a rapporté que son absentéisme scolaire représentait une importante difficulté dans le cadre de son intégration. Issu d'une famille précaire, sans avoir beaucoup de repères, il souffrait de ne pas trouver l'attention des autres. Il tentait d'avoir des contacts mais il ne se sentait pas accepté par les autres.
Selon une autre directrice d'école, Valentin Vermeesch semblait évoluer dans un autre monde. Il était un garçon attachant mais il pouvait aussi être usant par ses facultés d'ennuyer les autres. "Il n'était pas méchant mais il titillait en permanence", a indiqué le témoin.

Les auditions des témoins de moralité reprendront mardi matin.