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Illustration © thinkstock

Allaiter en public, un véritable crime de lèse-majesté?

Une maman américaine a été priée de quitter le tribunal après avoir allaité son dernier né. Et en Belgique, qu'en est-il de l'allaitement en public?

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Jeanna Harris, une maman de cinq enfants, a été escortée jusqu'à la sortie du tribunal en Alabama. En cause? Elle allaitait son enfant. Or, la loi est claire: les mamans ont le droit d'allaiter leurs enfants en public. Mais cela n'a pas empêché un fonctionnaire de râler et de faire sortir mère et enfant. Jeanna envisage de porter plainte dans cette affaire, explique-t-elle à WKRG News 5.

L'actualité nous le montre: allaiter en public est de plus en plus réprimé. Les jeunes mamans qui allaitent "n'osent pas" toujours allaiter en public, déplore Anna Rousseau-De Leo, spécialiste en allaitement maternel.

Et en Belgique?
Nous avons testé pour voir si, en Belgique, allaiter son enfant en public et dans les lieux publics était mal perçu. Evidemment, on n'a pas dégainé le sein sur la table. Le nouveau-né était allaité sous un drap. Il a profité de repas dans un grand restaurant, dans un parc public, dans un café, lors d'un mariage, dans le bus et même sur une place en plein centre-ville. A l'issue du test, le verdict est clair: aucune remarque reçue, aucun regard gêné.

Alors qu'est-ce qui gêne réellement les détracteurs? Nous avons posé la question à Anna Rousseau-De Leo, auteure du livre "Fleur de lait, l'allaitement: un bon départ". "Je trouve scandaleux de faire des remarques aux mamans qui allaitent en public", dit-elle outrée.

Pudeur
Pour elle, c'est une question de pudeur et d'histoire personnelle. "C'est vraiment malsain. Je pense que c'est de la pudeur d'abord. Beaucoup jettent des regards noirs à celles qui ont le malheur de dévoiler une partie de leur sein." Elle souligne aussi que les mamans peuvent aussi être culpabilisées par rapport à celles qui donnent ou ont donné le biberon. "Pour ne pas mettre mal à l'aise, elles se cachent", explique-t-elle.

Ensuite, identifier les auteurs des critiques permet de comprendre. "Qui émet des réactions négatives?" demande-t-elle. "Si ce sont des femmes plus âgées, cela peut être à cause d'une histoire personnelle liée à l'allaitement." Elle souligne qu'à une époque, les spécialistes préconisaient uniquement l'allaitement maternel. Ensuite, ils ont vanté les mérites du lait en poudre, avant de revenir sur les vertus du lait naturel. "Les jeunes mamans ne doivent pas payer les pots cassés", affirme-t-elle.

"Si tout le monde le faisait, personne ne serait choqué". Mais elle constate que des mamans n'osent pas avoir recours à ce geste "naturel" en public. "Nous n'avons pas à être gênées. Les mamans n'ont pas à justifier cet acte naturel. Ça doit être fait, c'est pratique pour l'enfant et la maman", ajoute-t-elle. Elle suggère également aux mamans de le faire discrètement.