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Chères institutrices, comment faites-vous?

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram iciFacebook ici et YouTube ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

(Ce texte s’adresse évidemment aussi aux hommes qui enseignent en maternelle. Selon les statistiques officielles de l’enseignement en Belgique, il y avait, en temps plein, dans l’enseignement maternel, lors de l’année 2017-2018, 10.987 institutrices pour 336 instituteurs. On sait qu’en grammaire, c’est le genre masculin qui l’emporte. Dans mon texte, pour une fois, ça sera la majorité.)

Je ne sais pas comment font les institutrices. Je ne me posais pas la question avant d’avoir un enfant. J’ai probablement propagé les habituelles croyances désobligeantes d’usage, mais je me rends compte aujourd’hui de l’ampleur de la tâche. Je ne sais pas comment font les institutrices pour supporter la responsabilité de leur tâche, le bruit, l’agitation, l’ingratitude parentale comme enfantine et les critiques que certains ont à leur égard. Et je ne parle même pas du système actuel qui les ballotte d’une école à l’autre, pour des remplacements misérables, sans aucune humanité. 

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Je n’ai qu’un enfant et je me sens parfois débordée. Elles en gèrent 20 au minimum chaque jour et avec le sourire, en prime. On dépose chaque matin nos enfants pas toujours bien réveillés entre les mains d’institutrices peu soutenues par le système en place, en exigeant silencieusement qu’elles se débrouillent pour qu’ils se sentent considérés, rassurés, tout en attendant d’elles qu’elles les rendent malins et débrouillards. On exige d’elles qu’elles soient justes, impartiales, chaleureuses, à l’écoute. Des choses qu’on n’arrive même pas forcément à être nous-mêmes avec nos enfants.

Tandis qu’on savoure le silence après la course matinale, elles vivent au milieu des cris. Qu’ils soient joyeux ou énervés ne changent rien à l’affaire: ce sont des cris. Et c’est épuisant. Je ne sais pas comment elles font pour gérer ce petit troupeau de marmots agités en acceptant l’idée que selon l’école où elles enseignent, elles auront du budget ou non.

Je ne sais pas comment elles font pour supporter les inégalités qui se creusent et la pauvreté infantile en hausse permanente.

Pour supporter l’idée que certains enfants n’ont pas de quoi manger le midi et qu’elles ne peuvent rien faire contre ça. Parce que ce n’est pas leur rôle. Comment font-elles, alors qu’elles passent plus de temps avec nos enfants que nous, pour garder leurs distances ?

Je ne sais pas comment elles font pour accuser sans broncher les commentaires des parents. Ces parents qui leur font savoir qu’ils ont du travail, EUX, et qui oublient que l’éducation de leurs enfants en est un également. Lisez la suite sur le blog en cliquant ici.

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