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Chers parents, il est grand temps de calmer le jeu...

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram ici et Facebook ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

Je me souviens avec précision de mon premier coup de pédales sans les petites roues. Mon vélo était bleu, mon père tenait ma selle plus ou moins fermement, j’étais moyennement à l’aise et je cherchais mon équilibre sur le bitume du cul-de-sac dans lequel se trouvait notre maison. J’avais 6 ans ou à peu près. Le week-end passé, on a enlevé les petites roues du vélo de notre petit garçon et on a tenté l’expérience du vélo “de grand”. Il n’a pas encore soufflé ses 4 bougies et je me suis demandé pourquoi on voulait qu’il apprenne à rouler en vélo, sans béquilles, si tôt. Ce n’est pas anecdotique et la suite concerne, je crois, tous les parents d’aujourd’hui… Ou en tout cas une large majorité.

Dans ma tête, les questions tournaient en boucle: Qu’est-ce que ça change? Qu’est-ce que ça va lui apporter? Est-ce qu’on n’est pas en train de brûler les étapes? Si j’ai enlevé ses roues, c’est parce que je sais que les stages pour apprendre aux enfants entre 3 et 5 ans à rouler en vélo sont pris d’assaut en Belgique. Même à distance, ça me met la pression. Tous ses copains y sont passés et alors qu’ils roulent bien moins souvent que lui au quotidien, ils l’ont « rattrapé » en une semaine d’apprentissage intensif. Du coup, dans ce parc, assise sur un banc, j’ai eu un débat avec moi-même (ça m’arrive souvent).

La piscine, le vélo et tout le reste

Que s’est-il passé pour qu’on se mette à ce point la pression et qu’on la mette, du même coup, à nos enfants? Pourquoi veut-on qu’ils aillent absolument plus vite que la musique? Pourquoi devance-t-on en permanence leurs envies, leurs besoins? On fait semblant d’être plus cool que nos parents; on répète que nous, on laisse nos enfants exprimer leurs émotions, ce qui n’était pas le cas “avant”; on les protège: on dit qu’ils sont “plein d’énergie” plutôt que d’admettre qu’ils sont pénibles; on les accepte tels qu’ils sont… #letthembechildren #letthembewild comme on dit sur Instagram.

C’est très bien mais à côté de ça, on attend d’eux qu’ils fassent à 3 ans ce que nous, on apprenait à 6. On les inscrit à des stages de piscine alors qu’on ne met jamais un orteil à la piscine municipale et que le seul bassin dans lequel on s’immerge une fois par an, c’est celui de la maison de vacances qu’on a louée entre le 11 et le 18 juillet. On les pousse à savoir rouler à vélo alors qu’on n’en a pas nous-mêmes et qu’on ne risque donc pas de les accompagner sur les sentiers, le seul dimanche d’automne belge où il ne pleuvra pas.

On se plaint... mais c’est un peu de notre faute

On les inscrit à des cours de piano, d’anglais, de judo, de dessin et on se plaint du temps que les trajets nous prennent et du fait qu’ils ne savent pas s’occuper trois secondes tout seuls. Spoiler: ils ne savent pas le faire parce qu’on ne leur a jamais laissé la possibilité d’apprendre... 

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