Plein écran
© thinkstock

Les profs invités à écrire des commentaires bienveillants dans les bulletins

BlogNotre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram iciFacebook ici et YouTube ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

En Belgique, les professeurs de l’enseignement secondaire sont désormais invités officiellement à formuler leurs commentaires de façon constructive dans les bulletins. Comme l’indique cette circulaire du 15 octobre de la Fédération Wallonie-Bruxelles:

“Les commentaires rédigés dans les bulletins le sont avec mesure et bienveillance. En outre, ils précisent les lacunes mais sont formulés dans le sens de l’encouragement et de la critique positive. Les remarques font apparaître l’évolution de l’élève par rapport à lui-même (progrès, effort, attitude face au travail, etc.) et jamais une comparaison par rapport au niveau de condisciples ou à une moyenne des résultats de la classe. Elles tracent les grandes lignes d’un conseil en matière de remédiation ou de consolidation.”

Ça devrait être logique et je suis certaine que de nombreux professeurs appliquaient déjà cette règle. Mais désormais, c’est explicitement demandé. Fini les critiques lapidaires, les jugements à l’emporte-pièce, les mots qui poursuivent l’élève des années durant. Désormais, il faudra se montrer encourageant. Sur les réseaux sociaux, sous les articles qui annoncent la nouvelle, les commentaires sont à l’image de ceux que l’on reproche à certains profs : réducteurs.

“Avant, c’était autre chose et je n’en suis pas mort”

On dit que les enfants sont bien trop couvés, qu’ils ont besoin de s’endurcir, que la violence, ça fait partie de la vie, et que “moi dans mon temps c’était une autre histoire et je n’en suis pas mort” et puis, “je les plains quand ils arriveront sur le marché du travail”. Parce qu’ils ne seront visiblement pas prêts à se faire démonter et humilier sans argument comme l’exige, visiblement, n’importe quel emploi… Si l’on en croit les commentaires publiés sur Facebook, il faudrait supporter et encaisser les brimades de ceux qui ont du pouvoir, pour s’en sortir dans la vie. Le monde est moche, autant l’admettre dès le départ. Arrêtez de rêver, vous allez déguster.

Vous pensez bien que si je prends la peine d’écrire ces lignes, c’est que je trouve le changement formidable et complètement nécessaire. Certains professeurs oublient leur puissance. Un commentaire négatif peut accompagner un jeune en pleine recherche identitaire, et donc à la sensibilité exacerbée, toute sa vie. On nous apprend à écouter et à faire confiance à nos aînés, à respecter nos supérieurs hiérarchiques. On leur accorde du crédit, on croit ce qu’ils nous disent, surtout quand ils parlent de nous. 

Lisez la suite de l’article (et venez me donner votre avis... argumenté) sur le blog en cliquant ici.