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(Ne pas) avoir de vergetures sur le corps ne fait pas de nous des mères moins légitimes

Notre journaliste Déborah Laurent est installée en Californie une grande partie de l’année. L’occasion pour 7sur7 de vous fournir l’information la plus rapide et la plus complète possible (merci le décalage horaire!). Et l’occasion pour elle de constater les différences culturelles impressionnantes avec notre plat pays et d’apprendre à vivre en famille loin de tous. Elle en parle sur son blog personnel Sea You Son (et sur Instagram ici et Facebook ici). Nous vous proposerons chaque mardi l’un de ses articles de blog ici.

C’est l’été et comme chaque année, la pression est là. C’est le moment où on va devoir se désaper, s’épiler, s’afficher en petite tenue pour supporter la chaleur et supporter aussi les regards des autres sur ce corps qui ne satisfait jamais à nos envies depuis qu’on est devenues mères. On pousse les femmes à s’accepter telles qu’elles sont. Les shootings qui nous montrent les corps des mères tels qu’ils sont “réellement” fleurissent un peu partout: les vergetures s’affichent fièrement, on montre la peau flasque, le ventre mou et confortable, la cellulite sur les cuisses trop charnues. C’est la vie et c’est génial. Stop au body-shaming. Mais vous savez quoi? Ça marche aussi dans l’autre sens.

Les mamans qui ont eu la chance d’être épargnées par les aléas de leur grossesse, celles qui ont eu la peau ferme avant, pendant et qui l’ont toujours après, celles qui retrouvent leur corps d’avant, leur poids initial en un clin d'œil, celles qui trouvent le temps et l’envie de se remettre au sport dans les semaines qui suivent leur accouchement...

Instagram post by @tinakunakey * Jul 5, 2019 at 1:04pm UTC

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On les a longtemps enviées et maintenant qu’elles sont mères, on les accuse de frimer avec leur corps parfait, on les engueule presque parce qu’elles ont cédé à “la pression”, qu’elles ont délaissé leur bébé pour s’occuper d’elles, ces égoïstes.

Parce qu’après un accouchement, aucune mère n’a, on le sait, ne serait-ce le temps de prendre une douche… Alors, le sport, vous pensez bien que c’est impossible… Celles qui font du sport le font juste pour énerver les autres, c’est bien connu!

Et si on arrêtait de se critiquer les unes les autres? Et si on acceptait l’idée que celles qui se remettent au sport après leur grossesse sont peut-être des sportives de base, que ça leur fait tout simplement du bien de suer sur un tapis de course, que leur corps réclame cette montée d’endorphines, par habitude? Qu’on a toutes des priorités, des bébés et un capital génétique différents? Que certaines ne se débarrasseront jamais des kilos pris pendant leur grossesse malgré leurs efforts alors que d’autres n’auront plus aucun souvenir de leur gros ventre dès leur bébé dans les bras. C’est injuste, mais c’est comme ça.

Je ne fais pas partie de ces corps parfaits mais j’ai vite refait ma taille 38 initiale. Mon ventre n’a pas gardé de séquelles des 13 kilos pris pendant ma grossesse. On ne voyait pas mes abdominaux avant, on ne les voit toujours pas depuis. Je ne suis pas trop mal lotie. Mon corps de mère pourrait être mieux, ça pourrait être pire. Je fais un peu de sport et je mange des frites. Par contre, autant j’adore les mouvements qui prônent la libération de la parole des femmes, des corps, qui rassemblent un groupe d’individus jusque-là stigmatisés, tout ça, autant ça m’exaspère quand ça devient un prétexte pour diviser et critiquer.

Il n’y a pas deux camps opposés, qui s’affrontent l’un contre l’autre. On est toutes dans le même bateau. TOUTES.

J’ai vu Caroline Receveur se faire défoncer sur les réseaux sociaux, les mannequins de Victoria’s Secret s’en prennent plein les dents parce qu’elles retrouvent généralement la ligne en quelques jours après leur accouchement... Lisez la suite sur le blog.