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Droits TV: Peter Croonen espère, Pierre François furieux

L'annonce de l'attribution des droits médias du football belge à Eleven Sports, de façon exclusive, mercredi par la Pro League s'est accompagnée du retrait de La Gantoise et de l'Antwerp de la vente collective de ceux-ci. Les deux clubs ne sont pas d'accord avec la clé de répartition. Problème: ces droits ne peuvent être alloués que de façon collective. Peter Croonen, le président de la Pro League, espère pourtant pouvoir encore les ramener à la table.

La clé de répartition a été approuvée par 22 des 24 clubs professionnels que compte le football belge mercredi en assemblée générale alors que l'unanimité est requise. Gantois et Anversois se sont désolidarisés. L'accord avec Eleven Sports prévoit une manne de 103 millions d'euros par an sur une durée de cinq ans (2020-2025), mais elle ne peut être allouée que de façon collective.

“Le temps presse et c’est très complexe”

L'Antwerp, qui voudrait bien appartenir au G5 - Club Bruges, Anderlecht, Standard, La Gantoise et Genk - mais qui figure dans le G11, soit les plus petits clubs, recevrait quelques millions de moins que ses concurrents.
Les clubs du G5 s'étaient déjà arrangés sur cette répartition, mais les onze autres étaient en désaccord avec le partage proposé. Quelques corrections ont été apportées mercredi mais cela n'aura pas été suffisant. Les raisons du retrait de La Gantoise, membre du G5, sont moins explicites. "La Gantoise et l'Antwerp ont décidé de se désolidariser", a commenté Peter Croonen. "Nous sommes pourtant allés très loin, mais malheureusement pas jusqu'au bout. Je regrette que nous n'ayons pas su saisir ce moment historique. Nous pouvons recevoir plus de 100 millions d'euros et le foot féminin est concerné aussi pour la première fois."

La situation est assez problématique, car la procédure d'appel d'offres n'est valable que pour une vente collective des droits. "Mais le temps presse et c'est très complexe", s'alarme Peter Croonen. "Nous allons voir comme nous pouvons allouer cette manne. S'il le faut entre 22 clubs alors, mais nous devons examiner cela sur le plan juridique. Chaque club, de son point de vue, estime qu'il reçoit trop peu. Mais la proposition qui est sur la table est pour moi très acceptable. L'Antwerp veut figurer dans le G5. Ce n'est pas nouveau. Cela pourrait arriver dans trois ans. Mais par le passé nous avons toujours su faire passer l'intérêt collectif avant l'intérêt personnel."

Peter Croonen craint aussi que les clubs finissent par payer cette situation au prix fort. "Certains clubs peuvent attendre, mais d'autres pourraient se retrouver en problème par rapport à leur licence. Et sans connaître leur budget pour la saison prochaine, cela devient un gros problème. Les droits médias constituent un gros poste dans leurs rentrées". Les clubs ont jusqu'à lundi pour rentrer leur demande de licence pour la saison prochaine.

Pierre François monte au créneau

Pierre François, CEO de la Pro League, était beaucoup moins mesuré à l’issue des discussions du jour. “Le temps de la médiation et de la négociation est révolu. La direction de la Pro League utilisera tous les moyens pour forcer une vente collective”, a martelé le directeur général de la Pro League.

“C’est complètement paradoxal”, a ajouté Pierre François. “La clé de répartition du précédent contrat tv (octroyé pour 80 millions d’euros par an) avait été approuvée à l’unanimité. Il y a maintenant plus d’argent à se partager (103 millions), mais nous ne pouvons pas le prendre parce que deux clubs bloquent le dossier. Je me réjouis cependant que les trois clubs les plus attractifs sur le plan médiatique ont donné leur accord collégialement. J’ai déjà eu le CEO d’Eleven Sports et cela ne l’amuse pas. Nous allons étudier ensemble les mesures à prendre dans l’intérêt du football belge.”

Pierre François veut d’abord faire respecter une allocation des droits entre les 24 clubs avant d’envisager une solution avec les 22 clubs ayant marqué leur accord avec les conséquences que cela pourrait impliquer. La procédure prévoit en effet un accord unanime des 24 pour activer la répartition. Il envisage aussi de supprimer la possibilité pour un club de pouvoir vendre ses droits de façon individuelle.